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Moto
cross dans les campagnes de Phnom Penh
- Dimanche 13 Octobre - Cyril

Ça
faisait longtemps... une petite journée de moto!
Cette fois-ci nous louons des super motos cross, des 250 cc. Le prix est
tout à fait abordable, 5 "dolls" la journée, soit
plus ou moins l'équivalent en Euros.
Nous partons vers 8h30, nous avons visité l'association "pour
un sourire d'Enfants" tôt ce matin, suivi d'un petit déjeuner
"à la française" (petits-pains et croissants)
avec les autres volontaires et amis de Christophe.
C'est ce dernier qui nous a expliqué le plus beau tour à
faire, un tour qu'il avait fait le week end d'avant et qui l'avait enchanté.
En ce moment c'est la fin de la saison des pluies, les rizières
sont pleines d'eau, les plantes de riz sont hautes et vertes, c'est superbe.
Premier
pépin après 30 minutes de route. Nous avons quitté
la ville avec difficulté à cause du traffic (les gens ne
restent pas chez eux le dimanche...), et voilà que Nico fait tomber
la moto suite à un mauvais appui en freinant. C'est une toute petite
chute, mais assez lourde pour casser la poignée de l'embrayage
(c'est comme une poignée de frein sur la partie gauche du guidon,
pour les nuls en moto).
Résultat : impossible de changer les vitesses. On se dit que c'est
une question de minutes à changer, erreur, les Cambodgiens n'utilisent
pas ce genre de moto, je dois retourner jusqu'au loueur dans Phnom Penh
pour acheter la pièce manquante. On perd donc 1 heure et demi dans
l'histoire.
Il va falloir se "magner" ou raccourcir le trajet : la deuxième
solution semble la meilleure, pas la peine de se dépécher
et tout voir à moitié. Il vaut mieux toujours primer la
qualité à la quantité en général.
A midi, nous mangeons une cuisse de poulet frit près d'un temple,
il fait une grosse chaleur et la pause est sympathique.
C'est dimanche, visite express du temple, nombreuses sont les personnes
qui viennent prier. Nous repartons sous "le cagnard", la route
sableuse et poussiéreuse, parfois inondée, nous appelle.
Nous nous tromperons souvent de route, mais pour le meilleur peut-être
: nous voyons des villages perdus au milieu d'une campagne luxuriante,
c'est génial.
Il
est 16h00, la route est mauvaise. Cette fois, Nico se fait assez mal dans
une chute : freinage d'urgence mal négocié à cause
d'un gros trou faisant toute la largeur de la piste, alors qu'elle était
plutôt bonne à cet endroit là. Nous avons du mal à
redémarrer la moto, on s'arrête un peu pour boire un coup
et nettoyer le coude de Nico qui a pris un coup...
Puis nous repartons de plus belle, c'est pas ça qui va nous arrêter
quand même.
Nous rentrons finalement à Phnom Penh retrouver Christophe qui
s'est amusé à faire des photos en habit traditionnel Khmer.
Petite soirée cinosh à "la maison de la culture française",
nous voyons "l'Amant", film se déroulant au Vietnam pendant
la période de la colonisation française. Sympa de voir ça
en Asie, alors que nous ressortons du cinosh et retrouvons la même
ambiance dans la rue. Allez, on se couche. Demain, on se lève encore
à 5h30 pour visiter les enfants de la décharge, une intéressante
journée en perspective.
Les enfants de la décharge - Lundi 14 Octobre - Nico

Ce
matin, c'est Akara qui nous servira de guide. Il est français d'origine
cambodgienne et s'est engagé pour un an dans l'association "Pour
un Sourire d'Enfant", comme d'autres que nous connaissons ou que
nous avons rencontrés ici.
Hier nous avons assisté aux repas des enfants, à l'entrée
de la décharge. Aujourd'hui, avec nos grosses chaussures de marche,
nous suivons Akara sur la butte de déchets.
Partout, de petits feux dégagent des vapeurs puantes et très
certainement toxiques. Au beau milieu de toutes ces ordures, des dizaines
de cabanes faites de bâches et de tôles ondulées abritent
des familles entières. J'ai pourtant du mal à imaginer qu'on
puisse vivre dans une telle misère. Le moindre coup de vent semble
pouvoir emporter ces toits de fortune. Les abris n'ont pas de plancher,
si bien que ceux qui les habitent sont directement en contact avec les
déchets. Les accidents mortels sont fréquents nous explique
Akara.
Ici,
le manque d'hygiène atteint son paroxysme. Les mouches, les vers,
les rats, les fumées et les odeurs pestilentielles sont le quotidien
de ces familles. Dès le lever du jour, chacun se met à fouiller
à mains nues dans les tas d'ordures ignobles, à la recherche
de canettes en aluminium ou tout autre objet qui pourrait être racheté
une misère par des usines de recyclage. La décharge est
immense, nous continuons de marcher longtemps, contemplant ce paysage
atroce et ces pauves gens voués à leur tache pénible
et dangereuse.
Akara s'arrête deux minutes pour expliquer à une jeune maman
qu'il y a un service de premiers soins offert par l'association, elle
devrait y amener son fils dont les blessures au crâne semblent très
infectées. Elle reste sceptique : seules des pilules pourraient
le guérir et la dernière fois le médecin ne lui a
pas donné de pilules ! Décidément, il est difficile
de croire que nous venons du même monde. Cette visite me rend amer
; la situation de ces gens est vraiment atroce. Sur le chemin du retour,
nous croisons un autre de ces chiffoniers en herbe, pieds nus, un sac
de déchets sur le dos. L'enfant me regarde. J'ai du mal à
lui rendre son sourire tellement j'ai de pitié pour lui.
La route jusqu'à Bangkok puis vers le "Lao" -
Mardi 15 et Mercredi 16 Octobre - Cyril

Aujourd'hui
nous avons une grosse journée de voyage à faire. Nous nous
levons à 5h45, petite douche qui nous aide bien à nous réveiller
par ces heures matinales, adieux à Christophe qui nous a superbement
reçu (lui aussi est un ancien tourdumondiste... à vélo
en plus !), "Tuk Tuk" (taxi local en moto) jusqu'à l'agence
et on quitte Phnom Penh. Nous n'aurons pas le mini-bus prévu car
non rempli mais une voiture, c'est encore mieux. Nous sommes accompagnés
d'une américaine et d'un néo-zélandais.
Nous voilà partis à 6h45 pour 8 heures de route. 4 fois
nous devrons traverser de petites rivières sur des radeaux. La
route Cambodgienne est évidemment mauvaise, mais comme il n'a pas
plu ces derniers jours, ça passe sans problème. Notre chauffeur
est très sympathique, il nous fait rire à monter les côtes
à "2 à l'heure" en 4ième, coupant la clim'
pour avoir plus de "pêche".
Nous passons la frontière à pied, puis prenons un bus d'une
heure jusqu'à un autre en correspondance pour Bangkok.
Il est 16h30, nous partons pour 5 heures de bus... nous sommes un peu
crevés, mais ça passe, ça doit être l'habitude
des longs trajets. Comme quoi on s'habitue à tout. A 21h30, nous
appelons Matthieu à Bangkok qui (merci Matthieu!) nous accueille
les bras ouverts, pas mal ! Nous avions tenté de l'appeler toute
l'après midi, à chaque arrêt, mais sans succès.
L'histoire se termine bien car c'est autour d'une bonne bière que
nous racontons nos aventures Cambodgiennes à notre hôte.
Demain matin, nous irons retrouver la soeur de Nico et son beau-frère,
Sophie et Tanguy (Fif' & Tang' pour les potes), pour partir le soir
même dans un bus de nuit pour le Laos.
Tout se passe bien, les retrouvailles se font avec joie, le bus part avec
ponctualité. C'est un bus VIP, tout confort sur les routes Thaïlandaises.
Elles aussi tout confort. Nous arrivons à la frontière à
7h00 du matin le lendemain, après avoir déjoué encore
une fois un piège à touristes (faire les Visas plus cher
que directement au poste de frontière), puis prenons un autre "Tuk
tuk" pour la capitale Vientiane qui est à 22 kms de là.
Quelle route! Enfin nous pouvons profiter du Laos et de ses gens!
15 jours de voyage avec Fif et Tang ! - Mercredi 16 Octobre - Nico

Ca
y est, nous nous sommes enfin retrouvés ! Sophie, ma petite soeur
et Tanguy son mari, voyagent pour 3 mois et demi en Asie du sud est. Voilà
près de cinq semaines qu'ils vadrouillent en Indonésie et
se régalent comme nous de rencontrer de nouvelles cultures, de
marcher ou faire de la moto entre les rizières, les volcans et
les populations locales.
Depuis le début de leur voyage (et pour être franc, même
avant), nous cherchons un endroit, une date ou nous pourrions faire ensemble
un bout de chemin. Cela fut assez difficile et les a obligés à
prendre un avion et parcourir près de deux mille kilomètres
en bus pour nous rejoindre ici a Bangkok. Khaosarn Road est notre point
de rendez vous.
A peine arrivés, nous tombons par hasard sur nos deux petites têtes
blondes que j'attendais impatiemment de retrouver. Nous sommes tous les
quatres affamés si bien que nous décidons de nous raconter
nos voyages respectifs autour d'un bon plat de riz thai. Pendant 15 jours,
nous allons pouvoir partager des moments magiques au Laos tous ensemble.
Bien souvent il est très difficile de raconter ce que l'on vit
ici, de décrire les rencontres que nous faisons, les impressions
que nous gardons.
C'est pour moi un plaisir énorme de pouvoir vivre une partie de
ce voyage avec Sophie et Tanguy qui partagent déjà la même
passion que nous. Nous sommes tout à fait sur la même longueur
d'onde : même budget, même envie de partir rencontrer les
tribus du nord du Laos, même goût pour l'aventure et l'inattendu
! Ce soir dans le bus, je passerai des heures à discuter avec ma
petite soeur que je suis trop content de revoir...

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