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Le marché de Chichicastenango - Dimanche 23 Juin - Nico


Le dimanche il y a le fameux marché de Chichicastenango (Chichi pour les intimes). Nous sommes arrivés hier pour pouvoir profiter de l'atmosphère de ce marché avant que ne débarquent les touristes. Ici tous les autochtones, hommes ou femmes, sont habillés de façon traditionnelle (jupes, pantalons, chemises brodées de toutes les couleurs). Nous sommes les premiers à nous promener entre les étalages somptueux de tissus rouges, bleus, jaunes... Tout ce qui se vend ici est typique du Guatemala. Nous prenons plaisir à tout marchander, à discuter avec tout le monde, à admirer chaque nappe, chemise, masque. Au risque de me répéter les couleurs par milliers font de ce marché toute sa beauté et toute son ambiance ; on trouve même des bananes rouges... incroyable ! Nous avançons doucement entre les gens si petits. J'aime cette atmosphère !

Le dimanche à Chichi, c'est aussi le jour de certains rites mayas. A un quart d'heure à pieds du village, les fidèles viennent déposer des offrandes sur l'autel maya, au pied d'une statue de pierre. Nous quittons donc le marché pour nous y rendre également. Chaque famille prépare soigneusement son petit tas de bougies, de cigares et cigarettes et de pain, le tout saupoudré de sucre. L'un d'entre eux nous explique qu'il a fait quatre tas pour sa famille, pour le travail, pour ses animaux et pour ses semences. Certains en font même pour réussir a passer la frontière américaine... d'ailleurs, le voisin a mis une bouteille de coca au milieu de son tas, cela nous fait bien sourire. Maintenant c'est l'heure d'incendier les différentes offrandes.

Les fidèles se mettent à réciter des prières en "Quiché" et en espagnol tout en brûlant de l'encens au dessus de leurs offrandes en feu. Nous comprenons qu'ils prient pour le dieu du soleil, de la nuit, du maïs et de l'air. Pourtant, ils se signent de la croix et prononcent souvent le nom de Jésus-Christ. Ils récitent de longues formules pour l'amour, le pardon et la Sainte Eucharistie. On nous explique qu'ils croient en l'Eglise catholique mais n'oublient pas leur origine Maya à laquelle ils resteront toujours fidèle. La nature a pour eux un sens vital car elle leur donne travail et nourriture. Il est normal de lui rendre grâce comme le faisaient leurs ancêtres.

Lorsque nous redescendons au village, il y a déjà des touristes partout. Le marché n'a plus la même ambiance, mais je reste sur un sentiment très agréable. Nous sommes désormais au coeur de la zone indigène du Guatemala. J'ai l'impression de pouvoir observer cette culture de près, elle me fascine, les gens eux même me fascinent par leur habillement, par leur langue, leur sourire... Le peu qu'on puisse observer par une fenêtre, une porte ouverte dans une maison m'impressionne. Si seulement ils pouvaient apercevoir comment nous vivons en Europe !

On paie plus cher que les locaux - Samedi 22 Juin - Cyril


L'année dernière, alors que je voyageais au Viet-Nam, j'avais eu l'expérience des prix différents pour les touristes ou les locaux. Les prix étaient fixés officiellement par la compagnie ferroviaire: un touriste paie 3 ou 4 fois le prix d'un local. C'est assez surprenant au début, puis on s'y fait. Nous n'avions eu ça dans aucun pays d'Amérique du Sud. Ni en Amérique Centrale d'ailleurs... jusqu'à ce qu'on arrive au Guatemala. Il doit y avoir trop de touristes... ils ont compris qu'on avait du pouvoir d'achat (plutôt "le pouvoir de payer plus cher") et en profitent.
Le pire, c'est que ces prix n'ont rien d'officiel, ils font ça car ça les arrange et qu'on ne peux pas se plaindre à qui que ce soit. On nous avait prévenu pour les "bus" guatémaltèques: "mettez-vous au fond du bus et demandez le prix à votre voisin pour connaître le prix et payer le mec sans devoir lui demander le prix". On le faisait et ça marchait très bien... jusqu'à aujourd'hui.

Aujourd'hui nous allons sur le Lac Atitlán, un superbe lac bordé de volcans, au Sud-Ouest du Guatemala. Nous arrivons à "Panajachel", la première ville, la plus accessible par bus. De "Panajachel", qui est aussi un port, nous prenons le bateau pour l'autre côté du lac jusqu'au village de "San Pedro La Laguna". Nous, touristes, payons 15 quetzals, environs 15 anciens francs français (2,3 euros). Les Guatémaltèques paient 10 Qtz. Raison? Inconnue. On a beau discuter avec le pilote de la "lancha", impossible de changer le prix. Pas la peine de changer de bateau, toutes les "lanchas" font le même système.

Le plus drôle reste encore notre visite à Quirigua, le site Maya à 1 heure du Rio Dulce. Là-bas, les prix étaient officiels: nous touristes avions payé 25 quetzal (~25FF = 3,8 euros), les locaux payent l'entrée à... 2 quetzals. Quelle blague !

Le lac Atitlán - Lundi 24 juin - Cyril

Ce magnifique lac entouré de volcans est une étape incontournable du Guatemala. Il y fait bon vivre la vie de village, y rencontrer chaque jour ses habitants. Les contacts sont simples et sympas: la femme qui nous vend son grand verre de jus d'orange (pressées devant nous pour 2 francs), le petit vieux de 84 ans qui bosse encore dans son champ en habit traditionnel, les fillettes d'à-côté qui viennent nous enseigner le "Tz'utujil" (dialecte Maya du village) et nous faire des dessins, le jeune homme qui nous explique toutes les coutumes Mayas pendant la fête de la San Jose (Saint-Joseph), la femme qui vient nous vendre sur la terrasse des pains faits maison (coco, banane, choco ou... carotte).

Ici les femmes marchent toutes très droit. Elles portent toutes leurs affaires (bassines, paniers, poteries, plats...) sur la tête depuis leur plus jeune âge. C'est super mignon de voir une fillette de 5 ans porter un plat sur la tête, en habit traditionnel, avec une main sur l'objet et une autre sur la hanche. Ici les hommes agés sont pliés en deux. Ils portent de lourdes charges sur leur dos, à l'aide d'un cordon de cuir qu'ils mettent sur leur front. C'est impressionnant de voir encore un vieux d'environ 70 ans porter un grand panier plein de pommes de terre, montant la pente du village, avec ses sandales de mauvais caoutchouc qui ont 10 ans (s'il n'est pas pieds nus).

Nous sommes installés à San Pedro La Laguna, un des petits villages qui bordent le lac. Nous avons trouvé un hôtel tout à fait convenable (bien au dessus que ce dont nous avons l'habitude) à deux minutes de l'eau pour 10 frs (1,5 Euros) par personne et par jour. Nous décidons de bien profiter de ce super site pendant 4 ou 5 jours. De plus, le village est animé en ce moment, c'est la fête de tous les peuples Mayas.

Pour moi le plus beau de ce lac, à part le fait de pouvoir se baigner quand on veut ou se balader en canoë-kayak sur le lac (5 frs l'heure), c'est incontestablement la vue de ces volcans dominant ce lac majestueux. Le ciel est vraiment doux, il est d'un bleu pâle tirant sur le blanc, nappé de quelques nuages qu'on imagine de coton. Cette image me restera dans la tête, j'en suis sûr. J'y reviendrai.

Les habitants du lac Atitlan - Mardi 25 juin - Nico

Cyril a raison, les bords de ce lac sont apaisants. Les habitants eux-mêmes sont calmes et tranquilles. Certains d'entre eux n'ont jamais quitté la région.
Depuis Chichicastenango, j'ai presque l'impression d'être dans un nouveau pays, un pays qui me plaît beaucoup. Ici, je retrouve les traditions indigènes et le dépaysement que je ressentais en Bolivie, au Pérou, en Equateur. Les mayas ont substitué les Incas, le climat est différent, la nourriture aussi, mais leurs habits sophistiqués ainsi que leur simplicité de vie se retrouvent dans les deux cultures. Nous n'avions pas prévu de rester ici très longtemps, pourtant les gens que nous avons rencontrés nous ont incités à rester davantage.

Cette semaine, pour la fête du village, nous aurons droit à de grandes festivités tous les jours, c'est l'occasion de mieux comprendre la vie des habitants du bord du lac. Tous les matins, je vais faire un tour dans le marché. Je n'ai aucun mal à parler avec un vendeur, une femme qui fait ses courses... ces gens sont ravis de voir qu'on vient de loin pour les rencontrer. Le patron du cyber café m'emmènera même faire un tour en pick-up sur le bord du lac jusqu'à un village voisin. Il monte un projet d'un autre cyber café pour financer une école. Pendant cinq jours, j'ai l'impression de vivre un peu la vie des habitants du lac. Le midi, nous allons manger dans les petits restos pour les locaux, nous discutons facilement avec nos voisins, nous apprenons quelques mots de Tz'utujil. Et le soir, nous allons assister aux festivités de la San Pedro sur la place principale !



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