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2 jours de repos à Granada, Nicaragua - Jeudi 6 Juin - Cyril

Après toutes les péripéties du bateau, nous arrivons fatigués à Granada. La petite ville coloniale est parfaite pour prendre quelques jours de repos.
Granada est très mignonne, tout s'articule autour de la place centrale où nous commencerons nos journées par des jus de fruits frais. Les jus de fruits, naturels ou avec un peu de lait, sont incontestablement un des plaisirs quotidiens d'Amérique du Sud et Centrale. Ils ne coûtent rien et sont très bons pour la santé. L'hygiène alimentaire et le sommeil sont pour moi les garants d'une réussite pour un si long voyage. On ne peut pas voyager fatigué, tout devient pesant et nous ne pouvons pas bien profiter de ce que l'on rencontre. Ainsi de temps en temps nous nous accordons deux ou trois jours au même endroit, sans but précis.

Nous nous logeons ici à Granada dans un "hospedaje" (pension) de backpackers, idéal pour cela, appelé "the Bearded Monkey", ou encore "la Barba del mono" (le singe barbu). Nous y rencontrons d'autres voyageurs qui "descendent" du Mexique vers le Costa Rica, avec qui nous échangeons les bons conseils. Tous ces backpackers du monde entier sont très ouverts d'esprit, très différents mais très semblables en même temps. Nous lisons et écrivons, nous discutons et nous reposons, toujours dans le hamac qu'on "squate", bien entendu. Comme il fait beau, nous nous baladons dans les rues de Granada. La ville est agréable, les rues sont belles et il y fait bon flaner. Il ne fait pas trop chaud, nous ne quittons plus nos sandales depuis notre arrivée en Amérique Centrale.
L'envie de repartir s'empare tout doucement de nous. Allez, on repart demain. L'idée seule de mettre notre sac à dos nous redonne la pêche.
Sympa, demain on part pour de nouvelles aventures!

Vit-on "trop vite" ?
- Jeudi 6 Juin - Cyril

Je lisais la citation suivante qu'avait laissée un voyageur au "bearded monkey", notre hôtel de backpackers de Granada, Guatemala: "We are speeding our lives and working harder in a futile attempt to buy the time to slow down and enjoy it". Traduction : "Nous accélérons nos vies et travaillons plus dur pour tenter futilement d'acheter le temps pour ralentir et en profiter".

Notre société (dans laquelle nous baignons depuis la naissance), en comparaison avec celles que l'on découvre, nous pousse à vivre "rapidement". Trop rapidement peut-être. Qu'est ce que c'est, vivre "rapidement": beaucoup travailler, être actif, optimiser le temps et l'argent. Ainsi, vivre "trop rapidement" serait: trop travailler, être pressé par les rendez-vous, être tout le temps occupé, ne pas avoir une seconde de repos (pour soit ou avec sa famille)...
Ici, tout est lent. Trop lent peut-être? Qu'est ce que c'est, vivre "lentement": prendre son temps, être relax et prendre le temps de vivre... De même, vivre "trop lentement" serait: se la couler douce à ne rien faire (ne pas avoir de boulot et ne pas chercher), se contenter du minimum, la paresse, ne pas se fixer d'objectifs...
En fait, les sociétés des pays en voie de développement sont trop ralenties, elles doivent accélérer pour s'améliorer, comme nous l'avons fait. Les conséquences positives suivront : sécurité, santé pour tous, transports améliorés, finances saines, politiques ambitieuses et justes... C'est indiscutable qu'elles ont un bout de chemin à parcourir pour arriver à notre niveau. Nous allons bien, mais n'allons nous pas trop vite?
C'est là la limite de ce système toujours en accélération et le début de ses maux actuels: stress, hypertension, tabac et alcool en augmentations, divorces... Qui ne voudrait-il pas ralentir de "train" de vie mais ne peut plus, car dans l'engrenage.

En parlant d'engrenage: Combien de personnes nous ont dit: "c'est génial ce que vous faites ! J'aimerais tant pouvoir en faire autant ! Cependant, je ne peux pas car X, car Y, car Z... X et Y et Z étant : Travail, pas de temps, trop de responsabilité... Mais qu'est ce que vous attendez pour faire pareil ? Ralentissez !!! ... et profitez !!

Cette année, nous prenons vraiment le temps de profiter de la vie, et ce moment de voyage et de découverte de l'autre contraste tant avec les occupations que l'on avait auparavant : cours, exams, stages, travail, métro, emploi du temps, rendez-vous... Nous sortons du rythme et entrevoyons d'autres possibilités de vie. La question qui se pose à nous jeunes pour notre futur est simple: choix nš1 : "bosser dur tout le temps et se payer plus cher une seule mais superbe semaine de vacances" ou... choix nš2 : "vivre plus cool tout le temps dans de simples conditions" ?

Depuis le début de notre tour du monde, c'est un peu la question que je me posais. Nous découvrons des gens qui ont fait le choix nš2... alors qu'avant nous ne connaissions que le choix nš1. Et cette perspective de vie nous allait très bien, puisque nous ne connaissions que celle là ! Tout le monde croit que c'est la seule et meilleure façon de vivre. Personnellement, je ne sais pas ce que je vais choisir: choix nš2 me tente plus, mais si je ne suis pas heureux (car mon caractère est formé depuis la naissance vers le nš1), c'est dur de retourner à choix nš1. Si je choisis choix nš1, je pourrais toujours aller vers choix nš2, mais y'a toujours l'engrenage qui menace...

La vie est un voyage. Quelle vitesse de croisière choisirez-vous pour ce voyage ?

Voyagez, c'est génial ! - vendredi 7 Juin - Cyril

On nous demande souvent comment nous réussirons à "revendre" notre voyage d'un an au tour du monde dans nos entretiens et sur notre CV. Pour beaucoup, malheureusement, c'est une année sabbatique ou de vacances, remplaçable facilement par quelque chose de plus "valable". Pour vous dire vrai, je ne suis pas parti en pensant aux conséquences pour mon CV mais puisque d'autres me poseront la même question, il faut pouvoir leur trouver une réponse...
Et de toute façon, même si cette année était un fiasco total, j'en aurais tiré suffisamment d'apprentissage pour rendre l'expérience valable.

Non, il est incontestable que c'est une expérience exceptionnelle et que nous avons 1 000 fois bien fait de la vivre... mais certaines personnes pourraient ne pas s'en rendre compte. Moi, vivant ce que je vis, je trouve que ça devrait être obligatoire. Note: Si vous connaissez quelqu'un qui serait titillé par l'idée de le faire (pourquoi pas vous??), envoyez lui mon adresse e-mail (cyril@tourdumonde2002.com) et je m'occuperai de le convaincre définitivement.

Voici à la suite quelques arguments "pour", si je devais un jour défendre mes convictions:
Le plus important: le voyage permet de développer une immense ouverture d'esprit. Avec les voyages, on se rend compte de notre ignorance passée sur ce monde (on n'est pas seul au "monde") qu'on avait limité au notre. On se remet en cause, ce qui est la base de toute amélioration. Le monde est pluriel et riche: avant, on nous l'avait dit, mais ça ne restait finalement que de la théorie.

Une vérité pour moi est la suivante: La différence enrichit ! Et cette différence, nous la touchons du doigt chaque jour pendant le voyage. Voyagez et vous verrez ! En voyageant, nous voyons la vie d'une autre perspective, comme si on nous avait caché une dimension. On nous retire un bandeau qui nous empêchait de voir, mais qu'on ne pouvait voir.
Que de choses apprises. Inutile de vous faire une liste, il faut le vivre pour le comprendre et chaque apprentissage est personnel. Sachez seulement que: les voyageurs ne savent pas ce qu'ils vont découvrir pendant leur voyage, mais ils sont presque sûrs de trouver la réponse à leurs questions.
Et que: les voyageurs ne vont pas toujours où ils voulaient aller, mais ils arrivent toujours où ils devaient arriver.

Notre voyage est bien mieux que ce que j'aurais pu imaginer. Et laissez-moi vous dire que j'avais imaginé l'inimaginable. Vous aussi, voyagez !

Les frontières sont hermétiques - vendredi 7 juin - Cyril


Nous sommes toujours épatés de passer une frontière. Nous le faisons généralement en bus et il n'y a en général pas plus d'une heure de battement entre les deux pays.

Le changement d'ambiance est immédiat. En Europe, c'est un peu difficile de s'en rendre compte car les pays se ressemblent: les autoroutes sont plus ou moins éclairées, les panneaux sont plus ou moins petits, les flics sont de couleur différente... mais les porte-monnaies des gens sont plus ou moins les mêmes.

Faites donc la frontière: Argentine / Bolivie ou Costa Rica / Nicaragua, ou encore Honduras / Guatemala... Les situations sociales sont complètement différentes: la pauvreté, on veut qu'elle reste chez le voisin et elle y restera.
Pareil pour les problèmes. D'un pays à l'autre, l'état des routes et les moyens de transport changent incroyablement, c'est ce que l'on remarque en premier. Les habits des gens, leur race (couleur de peau et physiologie), ou leurs habitats changent suivant l'histoire de chaque peuple, les traditions et les religions. Les gens surtout changent: ils sont plus ou moins chaleureux, plus ou moins riches, plus ou moins ouverts à l'étranger. Les couleurs changent, les cultures sont différentes, les habitudes de vie aussi...

Bref, on se rend compte qu'on est dans une atmosphère différente, un pays différent, et c'est sympa.



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