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On
reste à Miami ou direct au Costa Rica? - Lundi 13 mai 2002
- Cyril

Nous voilà sur le départ. Nous avons lavé le bateau
hier toute l'après midi, les sacs sont faits et sur notre dos.
Nous faisons du stop jusque chez Philip, en deux secondes une voiture
nous prend.
L'avion pour Miami part à 14h30, Philip nous y conduira, sympa.
Vous en connaissez beaucoup des mecs comme ça vous? On doit avoir
de la chance, on en rencontre tout le temps! Petit arrêt chez Uncle
Harry pour prendre les billets d'avion que j'avais laissés, nous
arrivons à l'aéroport deux heures avant l'embarquement.
Les Américains sont devenus très stricts pour la sécurité,
nous le savons depuis l'après Colombie. Ceci dit, nous sommes de
pauvres back-packers, nous passons sans trop de problèmes.
Nous arrivons à Miami à 17h00, c'est là que commence
la course: envoyer des paquets en France, changer nos monnaies étrangères,
manger un bon Burger King traditionnel à Miami (hein Nico ??!?)
avec coca à volonté (en anglais: "free refill",
car le gars t'en re-file), aller sur internet une dernière fois
pour savoir si l'on a des contacts...
La grande question est la suivante: restons-nous à Miami comme
prévu pour 4 jours ou partons-nous directement pour le Costa Rica?
Nous avons un super contact à côté de San Jose (capitale
du Costa), ils nous attendent. Par contre, nous n'avons pas réussi
malgré plusieurs contacts potentiels à trouver un logement
sur Miami. Nous nous étions dit que c'était intéressant
de voir Miami quelques jours, à condition de ne pas payer l'hôtel
(hors budget, trop cher pour nous pauvres back-packers tourdumondistes).
Tant pis, on laisse tomber: on change le vol pour San Jose en l'avançant
de 3 jours, nous partirons demain à 10h50. Parfait, Nico et moi
avons tous les deux de bons bouquins, on va encore se faire une super
nuit dans l'aéroport. Ici non plus il n'y a pas de coqs, quel bonheur!
Quel accueil de Gilbert et Béa! - Mardi 14 mai 2002 - Cyril

Il
y a trois jours, nous ne les connaissions pas, "Gilberto" et
"Bidou" comme leurs amis les appellent ici. Quelqu'un que nous
avons rencontré à St Martin (qui nous a prêté
un contenaire une nuit) nous a donné leur adresse e-mail, sachant
que nous allions vers le Costa Rica. Après notre premier email
de présentation, nous avions reçu une réponse super
chaleureuse, de gens qui apparemment connaissaient bien la vie d'aventure
et le "baroudage".
Ils avaient vu le site et trouvaient notre projet intéressant:
eux vivaient dans une partie tranquille du Costa Rica, et connaissaient
beaucoup de locaux (appelés par eux-mêmes les "Ticos":
habitants du Costa Rica) qui pourraient nous présenter leur nature
et nous donner une bonne image du pays. Dans le même e-mail, ils
nous donnaient leurs coordonnées, les indications pour arriver
chez eux (A Orosi, au Sud-Est de San José, à environ 1h30
en bus), nous promettant d'autre part un studio et le couvert, pendant
le temps que l'on voulait. Trop sympa, non?!?!
Ils sont venus nous chercher à Cartago, un village à environ
20 minutes d'Orosi. Le village d'Orosi est dans une région productrice
de café de très bonne qualité, essentiellement destiné
à l'exportation. Une combinaison de soleil (le matin), de pluie
(l'après midi) et d'altitude (tout le temps... bien sûr)
fait que le café pousse bien dans cette région. Nous sommes
au bord de nombreux volcans et au bord d'un des plus importants parc naturel
et réserve du Costa Rica (Parc National de Tapanti): plongés
au plus profond du Costa Rica dès le premier jour, le plan parfait.
Nous sommes un peu fatigués, Bidou nous présente donc rapidement
notre appartement : deux lits doubles, une salle de bain, des tables...
Nous sommes dans une "petite maison" séparée de
la leur, c'est royal! On défait les bagages, on se douche, comme
on est bien.
Peu à peu, nous faisons connaissance: ils sont partis depuis 15
ans de France, ont sillonné les Caraïbes et autres mers et
îles dans tous les sens, fait plusieurs traversées de l'Atlantique...
tout ça en bateau, presque sans un sous. Maintenant ça fait
3 ans qu'ils vivent au Costa Rica, "tranquille mimille". Ils
ont vécu vraiment des aventures sympas, quelles discussions nous
auront!
Bidou nous invite à manger, elle fait presque tout elle-même:
pain, yaourts, rillettes, fromage... trop bon. Nous ne savons pas combien
de temps nous allons rester, mais on est si bien avec des gens si accueillants
qu'on resterait bien 2 mois. Bah, une semaine à siroter quelques
whiskys pour y penser et nous introduire doucement dans la vie du pays
devrait être suffisante. Après, on verra ce qu'ils nous trouveront
comme plan, ils savent bien mieux que nous ce qu'il faut voir et ne pas
louper ici.
On est encore bien tombé... ça doit être le "destin
du voyageur" qui nous pousse à chaque fois vers les bonnes
personnes. Gracias Gilberto y Bidou, "PURA VIDA"!!
Petite soirée chez les Ticos - Mardi 15 mai 2002 - Nico

Nos hôtes ont bien compris que nous souhaitions rencontrer les gens
du pays, ils vont dès ce soir nous présenter à leurs
amis ticos. Apres une petite bière dans un bar typique d'Orosi,
nous débarquons tous les quatre chez Rolando et Nelly. Ah, quelle
famille ! Tout de suite Rolando nous met à l'aise : "un p'tit
whisky ?" allez un petit !
On fait vite connaissance avec la famille, Noelia, leur fille de 12 ans
accepte de nous faire un dessin de la nature (rubrique reportage). Nelly
et Rolando ont vraiment la pêche, ils sont très contents
de nous rencontrer et de revoir leurs bons amis Gilbert et Bidou. Allez
un deuxième whisky... Ouh la, pas trop après on va chanter
!
Chanter, quelle bonne idée. Rolando revient avec sa guitare, il
se met à gratter quelques cordes et il est parti. Petit concert
privé, sympa non ? Tiens voilà Luis le frère de Nelly
qui débarque ; à son tour de prendre la guitare, l'ambiance
est vraiment à la fête.
Cyril et moi, nous échangeons un regard. Nous savons tous les deux
que ce sont ces moments forts qui font la richesse de notre voyage. Hier
nous étions à St Martin, nous n'étions même
pas sûrs d'arriver au Costa Rica aujourd'hui et ce soir nous passons
une soirée géniale chez les Costa ricains, les Ticos !
Des fleurs toute l'année - Mercredi 16 mai 2002 - Cyril

Gilbert est un passionné de fleurs. Il dit ne pas s'y connaître,
mais c'est de la fausse modestie ; son jardin est rempli de fleurs de
toutes les couleurs, formes, parfums, tailles et espèces... dont
il connaît le nom, le mode de pousse, etc... Il se fait plaisir
ici.
Au Costa Rica, c'est incroyable la variété de fleurs qu'il
peut y avoir (et d'animaux, aussi dit en passant). Et le mieux c'est qu'elles
sont en fleur toute l'année. Si, si, Maman! Ici il n'y a que deux
saisons: verano (été): saison sèche; et invierno
(hiver): saison des pluies. Les arbres ne perdent jamais leur feuilles
entièrement, ni leurs fruits. Sur un même arbre, vous pouvez
même trouver des branches avec des fleurs, et d'autres avec des
fruits.
C'est pas sympa, ça? Il y des plantes qui poussent dans la terre
(normal vous allez dire), mais aussi d'autres qui poussent sur les arbres.
Certaines font une seule grosse fleur, d'autre des centaines toutes petites.
Certaines ont une couleur unique, d'autres offrent un panaché superbe
à la vue.
Alors ce jardin est vraiment magnifique, quel plaisir de se mettre sur
la terrasse et de l'admirer. D'ailleurs, Gilbert et Béa l'ont bien
compris, ils en profitent!
On suit Jesus pour une journée... dans sa nature - Jeudi
16 mai - Cyril et Nico

Gilberto
y Bidou veulent absolument nous présenter "Jesus", un
de leurs amis Tico qui est passionné de nature. Ses parents l'ont
baptisé "Jesus Nazareth" à sa naissance! Il doit
vraiment être gentil! Il parait selon Gilberto qu'il existerait
aussi un "Victor Hugo" à Orosi... ah ah ah.
Bref, Jesus est garde forestier dans une grande réserve du Costa
Rica, mais il a personnellement une "finca", une propriété
dans la jungle, qu'il affectionne particulièrement. Cette semaine
il est en vacances, il nous propose de passer la journée là-bas
et de nous la présenter. Sans hésiter, nous acceptons son
offre. A 6 heures et demie ce matin nous allons chez Jesus en 4x4, Gilberto
nous conduit jusqu'à la Finca. Nous retrouvons Jesus qui a près
de lui des plantes, nous allons les planter avec lui, il gardera plus
tard une trace écrite disant que nous sommes ceux qui les ont plantées.
Après une heure de route, nous arrivons à la Finca. Le chemin
n'est pas très carrossable, il faudra toute l'expérience
de Gilberto pour arriver en haut.
La
végétation ici est luxuriante... La forêt vierge nous
rappelle la jungle d'Equateur. Jesus ne perd pas de temps : à peine
sortis de voiture, il nous propose de nous enfoncer dans la forêt.
Il est content de nous dire que ce petit bout de jungle lui appartient.
Il veut nous montrer les plus beaux arbres, des cèdres doux de
plusieurs centaines d'années. Au bout d'une petite heure de marche,
nous arrivons devant un gigantesque. Le plus vieux de la forêt,
nous affirme Jesus, il a plus de 500 ans... "Christophe Colomb a
pissé dessus à son arrivée au Costa Rica" dit
il en plaisantant !
Nous continuons ensuite notre périple dans la forêt tropicale
et, pour accentuer le décor, la pluie se met à tomber de
plus en plus fort. Sous nos ponchos de plastique, nous ne nous laissons
pas intimider et continuons notre percée entre les fougères
et les plantes gigantesques. Jesus s'arrête souvent pour nous faire
écouter les oiseaux. Pour les avoir longuement étudiés,
il sait reconnaître leur chant. A l'aide de ses jumelles, il scrute
la cime des arbres tout en sifflant pour que les oiseaux répondent...
ça marche, il nous passe les jumelles, nous décrivons ensemble
toutes les couleurs (bec, tête, ailes, queue...) avant de l'identifier
exactement. Pour plus de sécurité, nous regarderons, dans
le livre des oiseaux du Costa Rica à notre retour.
Nous continuons notre boucle et tentons de retrouver un sentier déjà
bien recouvert par la végétation. A grands coup de machette,
Jesus nous ouvre le chemin. Il s'est arrêté de pleuvoir,
tant mieux, nous aurons plus de chances de rencontrer des beaux oiseaux...
oh oui magnifique, on ne bouge plus, silence ! Juste sous nos yeux, perché
sur une branche, un grand oiseau vert et bleu chante en levant la queue.
C'est un Quetzal femelle. Nous le vérifierons dans le livre tout
à l'heure.
Il est temps de rentrer maintenant, nous marchons déjà depuis
quatre heures et ça tombe bien puisque la pluie revient. Vite,
on s'abrite dans la petite cabane de Jesus et nous pique-niquons ensemble.
Avant de repartir nous n'oublions pas de planter nos grandes plantes que
nous reverrons peut-être un jour à notre retour au Costa
Rica.
La saison des pluies - Vendredi 17 mai - Cyril

Depuis début mai, le Costa Rica est entré dans la saison
des pluies. Qu'est ce que c'est? La pluie tous les jours pendant 6 mois.
En fait, dès que le temps est bien réglé, il fait
un grand ciel bleu le matin, jusqu'à midi. Ensuite le ciel se charge
de gros nuages blancs, puis gris, puis noirs, puis ils crèvent.
Nous sommes encore à la transition, alors le temps se "règle"
encore... il pleut parfois le matin aussi.
C'est à ma plus grande joie: nous lisons tranquillement sur la
terrasse couverte, regardant le déluge. En fait, il ny a
pas de secret, pour que ce pays soit si vert en plantes de toutes les
espèces, il faut bien les arroser! Les gens d'ici ne sont pas touchés
au moral par ces pluies, par là, je veux dire qu'ils sont toujours
aussi joyeux et souriants. Un peu comme les gens "duch' Nord"!
ah ah ah. Pourquoi le prennent-ils si bien, car ils se sentent fortunés:
"c'est une bénédiction", dit Rolando (un ami de
Gilberto y Bidou), quand on pense à tous ces pays qui souffrent
de la sécheresse
Cest trop fort: j'adore cette façon
de tout voir d'un oeil positif, ça rend la vie tellement plus belle!
Mon Anniversaire à l'autre bout du monde - Samedi 18 mai
2002 - Nico

Aujourd'hui
j'ai 25 ans !
Ouahou,
ne dit-on pas que c'est la pleine force de l'age ? En tout cas, j'ai l'impression
d'en profiter, je passe une année magique. Il nous reste encore
sept mois de voyage, c'est magnifique. Chaque jour, nous rencontrons des
gens qui nous étonnent par leur gentillesse, pas leurs habitudes
de vie si différentes des nôtres, pas leur ouverture d'esprit.
Ces Jose Mamani du lac Titicaca, ces Eddy de République Dominicaine,
ces infirmières de Bolivie sont des dizaines de gens que nous avons
croisés et que nous allons encore croiser par la suite, qui ne
peuvent pas me laisser indifférent.
Comment pouvais-je donc imaginer une meilleure façon de fêter
mes 25 ans ? C'est vrai qu'aujourd'hui, j'ai une pensée particulière
pour ma famille, pour mes amis qui font la fête sans moi en France.
J'aurais bien aimé être près d'eux pour fêter
mon anniversaire, mais je suis content tout de même d'être
ici au Costa Rica. J'ai la chance d'être avec Cyril, chez Gilbert
et Béatrice qui ont d'ailleurs invité Rolando et Nelly à
manger ce midi. Avec eux l'ambiance est forcément géniale
! J'ai même eu droit à un super bon gâteau de Béa
avec une bougie !!!
Merci les amis, merci Zizou, c'est top d'avoir 25 ans à l'autre bout
du monde.

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