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St
Martin, à l'aventure...
- dimanche 5 mai 2002 - Nico

Nous
prenons l'avion du dimanche soir pour St Martin et encore une fois, nous
partons à l'aventure sans savoir où nous allons dormir.
La seule chose que nous savons est que St Martin est une toute petite
île des Antilles, dont la moitié est française et
l'autre moitié est hollandaise. La partie française appartient
à la Guadeloupe, on y parle donc français, mais nous atterrissons
sur la partie hollandaise à 21 heures. L'aéroport est vraiment
petit et nous imaginons mal y passer la nuit. Nous sortons donc sac au
dos et nous nous dirigeons vers les plages essayant d'y trouver un abri
pour la nuit. Sur le bord de l'eau, nous apercevons un petit bar au bout
d'un ponton. Avec un peu de chance, on va pouvoir nous indiquer une plage
pour dormir...
On
décide donc de s'offrir une bière et on en profite pour
discuter avec les gens. La plupart sont anglais ou américains et
vivent ici depuis quelques années. Ils ne nous conseillent pas
de dormir sur les plages, la nuit il y a des drogués qui traînent.
C'est donc plus prudent de rester ici. Le responsable du bar, uncle Harry,
comme ils l'appellent, nous offre son bureau au-dessus pour la nuit.
Super sympa, nous allons passer notre première nuit à St
Martin à l'abri, en toute sécurité et sur un ponton
flottant au dessus de l'eau, c'est pas magnifique ? Quel plaisir de rencontrer
des opportunités de dernière minute comme celle-là
quand on part à l'aventure. Pourvu que demain et pour le reste
de la semaine on ait encore autant de chance !
A la recherche d'un logement dans la partie française. -
lundi 6 mai Nico

Nous
quittons uncle Harry le matin et nous partons en stop vers Marigot, la
capitale française. Une demi-heure plus tard, nous y voilà,
notre sac au dos sous une chaleur accablante. Nous avons deux numéros
de téléphone d'amis de Fred que nous avons rencontrés
à Samanà en République Dominicaine.
Malheureusement un des deux est absent et l'autre est introuvable. Il
va nous falloir encore de la chance, mais je suis optimiste, on trouve
toujours quand on cherche. Nous rencontrons vite des français de
la métropole qui vivent ici. D'ailleurs c'est bizarre de pouvoir
parler français avec les gens dans la rue, tout nous paraît
moderne, il y a des magasins partout, des supermarchés, les plaques
d'immatriculation sont françaises. Nous avons l'impression de revenir
en France. Beaucoup de français ici, vivent sur un bateau au mouillage
dans une baie de l'île. Nous rencontrons donc beaucoup de "mordus"
de voiliers et de voyages. Ca tombe bien, moi aussi j'adore les bateaux,
on trouve donc très rapidement des intérêts communs
avec les gens d'ici.
Nous
sommes amenés à parler de notre projet à Philip,
un anglais qui a vécu au Canada et qui maintenant tient une agence
sur le front de mer à Marigot. Lui aussi a beaucoup voyagé
comme nous. Passionné de voile, il s'est acheté un 30 pieds
à Montréal, a navigué pendant 5 ans jusqu'ici où
il s'est fait construire une maison. Si vous passez à St Martin
en vacances, on vous conseille de passer le voir à son agence :
"Marine Time", il saura vous conseiller sur tous les plans et
coins à visiter sur St Martin et sur les îles des environs.
Philip, séduit par notre voyage, nous propose de nous héberger
toute la semaine dans son bateau. Il nous y emmènera demain car
il se trouve dans une petite baie un peu plus loin. Génial, on
ne pouvait pas imaginer un meilleur plan pour notre semaine à St
Martin : vivre dans un bateau à deux, dans une des plus belles
baies de l'île... Enfin, il nous reste à trouver un abri
pour cette nuit.
Nous espérons encore trouver notre contact et lui donnons rendez-vous
au chantier naval en fin d'après-midi. Il ne pourra pas venir.
Par chance ceux qui tiennent le chantier sont des belges très sympa
qui nous laissent dormir dans un contenaire sur le chantier. Demain nous
rejoindrons lAnse Marcel où nous attend un voilier de 9 mètres...
Belle perspective !
Dormir dehors ou dans le contenaire ? - lundi 6 mai 2002 - Nico

Cette
nuit, nous avons donc un coin sûr pour dormir, puisque le chantier
est fermé et au sec en cas de pluie, car nous pouvons nous réfugier
dans le contenaire. Pourtant, je n'ai pas vraiment envie de dormir dans
le contenaire . Certains me connaissent même un goût particulier
pour dormir à la belle étoile. J'ai donc décidé,
que malgré la pluie menaçante, je laisserai mon sac dans
le contenaire, mais je dormirai dehors.
Cyril me suit, nous nous enfilons dans les sursacs de couchage Lafuma
en gortex imperméable et nous aurons toujours la possibilité
de nous glisser dans le contenaire au milieu de la nuit en cas de nécessité.
Il est neuf heures du soir, nous discutons ainsi quelques minutes et nous
nous endormons... "Nic', il pleut !!!" me crie Cyril, et le
voilà debout comme s'il était réveillé depuis
une heure. Il prend ses affaires et se réfugie dans le contenaire,
je n'ai pas le courage de le suivre et reste allongé sous la pluie,
bonne occasion de tester l'imperméabilité du sursac Lafuma
Résultat, je dois bien admettre que je ne suis pas mouillé,
mais la sensation d'être arrosé (pas de sac de couchage en
dessous) et le bruit des gouttes dans les oreilles ont mieux réussi
à me réveiller qu'à me rendormir.
Je me résous donc finalement au bout d'une heure, à rejoindre
Cyril mort de rire de mon entêtement. Vivement la nuit de demain
bercée par les mouvements du bateau !
La découverte de notre bateau - mardi 7 mai 2002 - Cyril

Nous
avons rendez-vous au bureau de Philip ("Marine Time") en fin
de matinée, il se trouve près du port dans le centre de
"Marigot". Il nous trouvera avec des "petits yeux":
la nuit n'a pas été super bonne: pluie, chaleur ... et les
coqs le matin pour nous "chanter" dans les oreilles dès
3h00 du mat'. Sympa de penser que sur le bateau nous ne serons pas réveillés
par ces coqs de malheur, ou plutôt de "bonne heure".
Gentiment,
il nous laisse lire nos mails pour voir si nous avons des nouvelles de
futurs contacts à Miami ou au Costa Rica, des mails des écoles
qui nous suivent... Nous serons dans la baie sur le bateau sans internet
pendant une semaine, on en profite. Nous montons dans sa voiture et environ
20 minutes après nous arrivons à la "lAnce Marcel".
Dans la Marina, nous montons sur l'annexe (un petit bateau à moteur)
avec les sacs à dos. Mason, le fils de Philip qui a 12 ans nous
suit, c'est lui qui insiste pour conduire l'annexe, il adore ça.
Nous avons fait quelques courses, nous nous ferons la "popote"
(pâtes...) sur le bateau. Le voilà : il fait 9 mètres,
il est rouge et blanc, il s'appelle "Le Patriote".
Présentation rapide des mesures principales pour la vie sur le
bateau: eau douce, pompes, gaz, lits, cuisine, lampes, bougies, échelle...
Le tour est fait en 5 minutes, ce n'est pas compliqué. Philip nous
dit au revoir, il a encore du travail. A dans 6 jours! Incroyable quand
même, nous ne le connaissions pas hier matin! Vite, masques et tubas,
notre premier bain a pour but la plage! Sympa la vie!
La plongée sous-marine - mercredi 8 mai 2002 - Cyril

Comment
ne pas vouloir regarder - admirer plutôt ! - ces fonds sous-marins
quand l'eau est turquoise transparente, chaude et qu'elle est remplie
de poissons plus beaux les uns que les autres ?
Pas besoin de se forcer comme vous pouvez le croire, ce n'est pas la Bretagne
ici
Facile même, de rester 2 heures ou plus dans l'eau. Philip
nous a montré qu'il y a tout ce qu'il faut dans le bateau: masques
et tubas, palmes "de pros". Il parait qu'il y a des langoustes
dans la baie, Philip nous montre le meilleur endroit, nous y allons directement.
Peut être croisera-t-on une tortue de mer, nous en avons déjà
vu sortir la tête de l'eau près du "Patriote".
Peut être croisera-t-on aussi ... des bateaux à moteur qui
sortent de la "Marina", c'est à notre tour de sortir
la tête de l'eau...
C'est
vraiment superbe là-dessous, parfois on se croirait dans un aquarium.
Je me suis même retourné plusieurs fois pour voir si je n'étais
pas avec Cousteau, cependant je n'ai vu personne avec un petit bonnet
rouge. Nicolas respire soudain plus fort, je vérifie rapidement
qu'il ne se transforme pas en ... "Nicolas... Hulot"! Pendant
une seconde je me suis cru dans ses reportages... au bout du monde. Cette
fois-ci on ne regarde pas la télé, on y est, on nage!
C'est trop fort: les plantes sont superbes et les poissons, de toutes
formes et couleurs, nous saluent en banc ou solitairement. Les coquillages
aussi sont beaux. Après deux heures, nous sortons. La petite douche
chaude ("solaire") nous attend sur le pont, la petite bière
fraîche nous attend dans la glacière.
Il est 17h30, dans une demi-heure nous verrons le coucher de soleil sur
ce petit coin de paradis. Profitons-en, profitons-en!
Difficile de rencontrer les autochtones - jeudi 9 mai 2002 - Nico

Un
des buts principaux de notre voyage est, bien entendu, de rencontrer les
gens dans chaque pays. Pour l'instant, nous avons même réussi
à vivre avec eux, partageant ainsi leur culture, leur nourriture,
leur langue et acceptant leur accueil dans tous les pays d'Amérique
du sud. En République Dominicaine, nous avons encore eu un exemple
magnifique de rencontre et d'accueil chez Eddy. A chaque fois, ce sont
des moments qui font toute la richesse de notre voyage, c'est sans doute
aussi par cet aspect que nous nous démarquons des touristes et
back-packers qui sillonnent le pays d'hôtel en hôtel.
Ici à St Martin, nous avons essayé de faire de même
et rencontrer les autochtones, c'est à dire les Créoles
originaires des îles. Mais les Européens ou les Français
de la métropole, très présents sur l'île ne
connaissent pas vraiment les Créoles. Il semblerait d'après
eux que les populations du continent et celles des îles ne se mélangent
pas beaucoup. En général, quand nous avons un contact français
dans un pays, il nous fait connaître des gens du pays, c'est toujours
très facile, mais ici la communauté blanche semble avoir
plus de difficultés à avoir des amis créoles. Nous
devrons donc chercher le contact par nous-mêmes.
Au travers de mes balades dans l'île, j'ai donc essayé de
parler avec les locaux mais j'ai rarement réussi à avoir
une vraie conversation avec eux.
St Martin en stop - vendredi 10 mai 2002 - Nico

On
est vraiment bien dans le bateau ! Il suffit de sauter pour se rafraîchir
dans l'eau...
Cyril y est tellement bien qu'il ne veut plus en sortir de la semaine.
Pour ma part, j'ai trop envie de voir le reste de l'île, d'aller
visiter les coins dont on nous a parlé et je ne peux pas supporter
de "mouler" pendant des heures sur le pont.
Alors hop, je saute dans l'annexe, je vais à terre et... je fais
du stop.
La première voiture qui arrive est la bonne : ce sont des américains
en vacances. Ils vont à Dawn Beach. "C'est exactement là
où je veux aller" je réponds sans même savoir
où est Dawn Beach. J'ai de la chance c'est le coin le plus chouette
de l'île. En vingt minutes on y arrive, je vais me balader un peu,
prends quelques photos, et refais du stop pour continuer. St Martin est
minuscule, en une heure on en fait le tour. Je rencontre même un
anglais qui habite ici et qui veut me montrer les plus belles côtes.
Il s'arrête à chaque fois pour me laisser prendre des photos.
Super sympa !
Pour revenir, je n'aurais aucun mal non plus à rentrer. Si vous
allez à St Martin, sachez que vous pouvez faire du stop c'est vraiment
facile.

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