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8
longues heures de bus en Bolivie
- Dimanche 10 Mars - Cyril

Départ
d'Uyuni pour Potosi.
Le "Lonely" (notre guide, type le "routard") dit qu'il
y a environ 6 heures de route, mais on est en Bolivie... En effet, on
mettra 8 heures pour arriver à Potosi. Nous avons déjà
fait de longs voyages en bus, 8 heures ne sont pas tant que ça.
Par contre, cette fois ci le trajet a été dur à supporter
de par les conditions de voyage. Le mini bus avait environ 30 places,
nous montons après avoir mis le sac à dos sur le toit.
Avant de partir, plusieurs boliviens montent, ils resteront debout dans
l'allée centrale pour une partie du voyage. Une femme avec un enfant
dans le dos réclame une place assise qu'elle avait achetée.
Il faudra 10 minutes de discussion et l'intervention du chauffeur pour
que le gars assis à sa place accepte de se lever. Pour la première
fois depuis le début du tourdum', on sent vraiment une odeur désagréable:
ces boliviens ne doivent pas se laver souvent; nous le comprenons aussi
par l'état de leurs habits, sales et déchirés. Pour
supporter cet odeur, au début, on respire par la bouche. Ensuite
je trouve l'idée géniale: il suffit de s'imaginer en train
de visiter une étable, ça marchera pour le reste du trajet.
Ce mini bus a des roues énormes, il est certainement 4x4, ça
promet pour l'état de la route. Au bout des 8 heures, on aura tout
vu: cailloux, eau, boue, il ne manque que le sable... et le bitume!!!
La route en général est super cabossée et parfois
très boueuse: une fois même nous devons descendre du bus
pour qu'il passe un lit de rivière où l'on pourrait rester
embourbés; les montées sont telles et nous sommes si lourds
qu'on pourrait marcher à coté du bus.
Sur les 8 heures de route, nous profitons avec plaisir des 10 minutes
de pause que nous accorde le chauffeur: petite soupe locale et tour au
toilettes. Nous repartons donc rassasiés pour les dernières
heures du voyage. Un ami américain que nous avions rencontré
(Matt') nous avait dit de beaucoup boire pour contrer les effets de l'altitude:
maux de tête principalement et vomissement. Nic' avait ressenti
des maux de tête alors il buvait beaucoup, et moi aussi. On aurait
dû moins boire pour ce trajet, nous sommes arrivés difficilement
jusqu'à destination!! ah ah ah;
Quelle belle journée de route, levés à 8 heures,
partis à 10h00, arrivés à 18h00, 210 kms parcourus.
Bah, on se dit qu'il en faut des journées comme celle là,
ça fait partie du voyage. On se pose à l'hôtel, on
devra attendre le lendemain pour prendre la douche chaude. Pas grave,
les "gringos" (pour les chiliens et boliviens, les "gringos"
sont les américains en particulier, les étrangers en général)
sont fatigués, ils dormiront bien!
Nico à l'Hosto - Lundi 11 Mars - Le Malade

Il va bien falloir en arriver là ! Après quatres jours de
fièvre à jongler entre les aspirines, les maux de tête
et les nuits blanches, je ne tiens presque plus debout. Cyril appelle
pour moi Europ Assistance et nous partons voir le docteur. Tout ça
paraît simple, mais mettez-vous à ma place. Nous sommes dans
une petite ville minière de Bolivie à 4000 mètres
d'altitude dans laquelle les rues grouillent de mendiants, d'illétrés
et de mauvaises odeurs. Je n'ose pas imaginer l'état d'un hôpital...
Le médecin me parait pourtant sérieux et érudit,
il me dit même quelques mots en français. Son verdict, par
contre ne m'enchante pas. Je vais devoir rester à l'hopital une
ou deux nuits pour faire des tests... Oups comment va être l'hopital
?
Après
avoir fait une radio des poumons, on me présente ma chambre de
huit mètres carrés, tant mieux, je suis seul. On m'explique
que c'est une clinique privée, qu'il y a treize chambres et une
seule infirmière. Pour l'instant, je n'ai peur que d'une chose,
c'est de la propreté. Les couvertures sont sales et les murs tachés,
le lit ne paye pas de mine, il est très inconfortable, et moi qui
ai mal au dos quand je dors dans un lit mou !!! Enfin, je suis rassuré
en voyant que toutes les seringues sont neuves et déballées
devant moi.
L'aide soignante (35 ans) n'a plus de dents, ce qui est courant en Bolivie
mais qui ne rassure pas dans une chambre d'hopital... l'infirmière
devra s'y reprendre à cinq fois pour me mettre la perfusion, j'aurais
droit à quelques injections de péniciline ce soir et dans
la nuit...
Je n'en reviens pas, comment ai-je fais pour passer la première
nuit de ma vie à l'hopital... en Bolivie !

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