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La route d'Ouro Preto à Belo Horizonte - Mercredi 23 Janvier 2002 – Nico


Moins de 70 kilomètres séparent ces deux villes, pourquoi nous annonce-t-on deux heures de route ?
Pourtant c'est la route qui relie Rio de Janeiro à Belo Horizonte, deux des quatre villes les plus importantes du Brésil. Le chauffeur ne perd pas de temps pour nous impressionner. Nous sommes au premier rang, ce qui nous laisse la vitre avant comme spectacle des magnifiques décors et des paysages splendides que nous allons traverser. Les virages se succèdent, on ne sait comment notre pilote les négocie et nous serrons les dents de peur de tomber dans le ravin à chaque coup de volant. Alors que j'observe avec attention la vue magnifique que nous avons sur ces collines vertes qui s'étendent à perte de vue, je me demande pourquoi la route est dans un si mauvais état. Nous sommes sur un axe majeur du pays et pourtant le bitume est parsemé de trous et de bosses. Parfois la limitation de vitesse interdit de dépasser les 40 km/h.

Mais alors, comment les brésiliens voyagent-ils ? Il n'y a pas (ou presque pas) de voies ferrées au Brésil, l'avion coûte cher et les routes sont celles que nous prenons en bus. La réponse nous l'aurons plus tard par les habitants eux-mêmes, qui nous avoueront ne pas beaucoup voyager car chaque expédition est longue est coûteuse. Nous sommes encore en plein milieu de la jungle amazonienne à perte de vue quand soudain nous découvrons une concentration de gratte-ciel impressionnante issue de nulle part.
C'est une ville immense de quatre millions d'habitants que nous allons découvrir.

L'arrivée à Belo Horizonte
- Mercredi 23 Janvier 2002 – Cyril


Nous descendons du bus vers 19h45, après environ 1h45 de route. Le bus nous dépose à un endroit inconnu mais qui devrait être à une demi-heure de marche de chez Léo, notre contact à Belo Horizonte. Nous demandons alors directement à un taxi qui nous donne la direction générale et nous dit de demander notre chemin lorsque l'on tomberait sur telle rue.

Arrivés à l'endroit, nous interpellons une femme et sa fille pour leur demander la route. Après deux secondes, elle apprend que nous sommes français et que nous faisons un tour du monde. Elle qui est amoureuse de la France décide de nous accompagner jusqu'à la porte. Sympa, non? Surtout quand on sait qu'elle a marché 20 minutes avec nous, en discutant de tout ! En arrivant chez Léo, nous sonnons à la porte, Léo nous accueille. Voyant notre "ange gardien" et sa fille, il les invite à rentrer se rafraîchir. La nuit était tombée mais il faisait encore très chaud. De plus, les rue de Belo sont très pentues... Ca doit être brésilien, après 5 minutes les mères s’échangeaient déjà les adresses et les numéros de téléphone !
Quel accueil !! Notre séjour à Belo commence bien, ces brésiliens sont vraiment adorables!

La découverte du "Forro": génial !!
- Mercredi 23 Janvier 2002 – Cyril


Premier soir à Belo Horizonte, nous sommes arrivés depuis 2 heures.
Nous savions que Belo Horizonte n'était en rien une ville touristique, nous y découvrirons donc la vie des brésiliens, dans leur quotidien.

Léo et sa famille nous accueillent très chaleureusement, d'ailleurs Léo nous invite à sortir tout de suite (pour se mettre dans l'ambiance) à une soirée de Forro. Prononcer "fo-ho", avec les "O" de "bol" et le "H" aspiré. Vous n’avez jamais entendu parler du Forro auparavant, vous? Dans l'auto, il nous explique que c'est une musique (et danse) qui est plutôt du nord du Brésil, en particulier de Salvador (Bahia). Son nom vient de l'anglais "For all", la musique pour tous.

La danse était dansée sur la plage, d'ailleurs, en voyant la danse on s'imagine très bien la scène. La musique est assez particulière, assez spéciale au début. Par contre la danse est superbe, géniale à danser. Pour ces deux caractéristiques, je le rapprocherais du Tango, même si ces deux danses n'ont rien à voir. Nous sommes habillés de la même façon que nous sommes arrivés à Belo (les gens du pays disent "BH", prononcer "Bé-Haga"), en sandales et short. J'ai juste troqué mon t-shirt contre un maillot de l'équipe nationale du Brésil (voir article qui suit: le mimétisme du voyageur). En arrivant à l'endroit de la soirée, nous sommes agréablement surpris, l'ambiance semble décontractée, tout le monde sourit, les gens sont ouverts, les filles sont belles.

Léo nous présente à ses amis. Pendant une bonne demi-heure, nous observons la danse: les deux corps serrés l'un contre l'autre, les jambes entrecroisées (type lambada), les fronts se touchant asymétriquement, la main droite de l'homme sur le bas du dos de la danseuse (ferme mais douce), sa main gauche tenant la droite de la femme à la hauteur de l'épaule.
On dirait qu'ils sautillent doucement, en faisant des contretemps entre certains pas, ça n'a pas l'air si compliqué... La musique est lente, le rythme est entraînant. J'ai trop envie d'essayer. D'abord c'est avec l'amie de Léo que j'apprends les premiers pas. Après 3-4 chansons j'arrive à les faire sans trop lui marcher sur les pieds. J'arrête un peu, j'observe (les spécialistes vous le confirmeront : l'observation est cruciale dans la phase d'apprentissage). Soudain une brésilienne (habitante du brésil, pas besoin de se faire des films...) m'invite à danser. Je lui fais comprendre en 2 mots que je débute, pas d'importance pour elle: elle m'enseignera beaucoup d'autres pas, c'est génial (merci Flavia).

Le Forro était vraiment à la mode il y a deux ans, maintenant tous les jeunes le dansent, dans tout le Brésil. C'est une danse très sensuelle, rythmée et lente (plus rapide que les slows mais la position est plus ou moins identique) et je dois dire qu'en Europe on n'est pas habitué. Ils le sont tous ici, c'est le Brésil. Encore une fois on découvre une superbe facette du pays. Ce ne sera pas la seule soirée Forro, j'en suis fan!

Le mimétisme du voyageur - Mercredi 23 Janvier – Cyril


Mettre le maillot de l'équipe brésilienne de foot, étant français et champion du Monde et d'Europe en titre... Certains vont trouver que ce n'était pas à faire, pas moi.

Quand je rentre dans un pays, j'essaye de m'adapter au maximum à ce pays, en ayant une attitude mimétique. Par exemple: j'écoute la musique du pays, je lis les journaux du pays, je regarde la télé, je pratique leurs sports, je parle leur langue (même mal au début), je m'habille comme eux, j'attache sur les murs de ma chambre (dans mes expériences passées) la carte du pays et le drapeau, j'apprends l'hymne national... je vais où ils vont, je regarde ce qu'ils regardent, je bois ce qu'il boivent, je mange ce qu'ils mangent, j'aime ce qu'ils aiment...

C'est une sorte d'auto-propagande du pays et de la culture que je me fais, et ça marche car je me sens vite chez moi. En fait je le fais toujours avec plaisir, pas besoin d'y penser, je le fais automatiquement.
C'est une des caractéristiques du voyageur: il s'adapte au pays et à sa culture. Chaque culture a une clef. A chaque fois que l'on s'adapte à une culture, on se forge une nouvelle clef. Au fur et à mesure des expériences, mon trousseau augmente. Plus il augmente plus j'ai de facilités à trouver la clef d'une nouvelle culture. Après, plus j'ai de clefs, plus je connais les richesses qu'elles me permettent de découvrir, et plus j'ai envie d'en avoir...c'est un cercle vicieux. En m'adaptant ainsi dans tous mes faits et gestes à la culture du pays, je facilite simplement la construction de la nouvelle clef. Ceci est important: je ne dévalue ni ne renie ma culture en faisant de la sorte: ma plus belle clef sera toujours celle bleue, blanche et rouge.

La Capoeira - Vendredi 25 Janvier 2002 - Nico


Ce soir, Léo nous propose d'aller voir un entraînement de Capoeira dans un quartier de Belo Horizonte. Bonne idée, car la Capoeira, moitié danse, moitié Art Martial, est un aspect de la culture brésilienne que j'ai hâte de découvrir.

Dans la salle, les lutteurs nous invitent à nous joindre à eux. Nous nous installons debout autour d'un grand cercle d'environ 5 mètres de diamètre marqué au sol. Les hommes ont tous une musculature impressionnante, mais il y a aussi des filles et des enfants. Tout le monde est prêt, c'est parti les instruments donnent le rythme, le maître entonne le chant (soit en portugais, soit en langue indigène) et nous sommes invités à taper des mains. Ceci crée une ambiance extraordinaire, Cyril me regarde "ça c'est vraiment le tour du monde qui commence" lui dis-je. C'est en effet dans des moments comme cela que je me rends compte du bonheur que j'éprouve à découvrir d'autre cultures.

L'instrument typique de la Capoeira, qu'on voulait nous vendre dans tous les "attrape-touristes" de Copacabana, le "berimbau" est une sorte de grand arc auquel est accrochée une grande noix de coco peinte. Ici, il prend une dimension infiniment plus impressionnante que dans les boutiques de Rio. Accompagnés des "pandeiros" (tambourins brésiliens), des "atabaqués" (grands jumbés), du chant et des battements de mains, ces trois "berimbaus"donnent la musique typique de la Capoeira.

Et c'est alors que le spectacle commence, deux hommes en pantalon blanc, portant une ceinture de corde, sont accroupis à l'entrée du cercle. Soudain, ils se saluent et par une roue sur les mains se retrouvent au centre du cercle. Les adversaires s'affrontent ainsi par des coups de pieds virtuels en se déplaçant parfois à très grande vitesse au son de la musique. Ils ont une agilité surprenante et passent autant de temps sur les mains que sur les pieds, voire même parfois sur la tête ! Quand tout s'accélère, on a peur : les coups de pieds partent à une vitesse incroyable, les lutteurs esquivent les coups tout en effectuant des figures acrobatiques incroyables, mais déjà deux autres sont accroupis et se lancent sur le terrain alors que les deux premiers sortent.
Ainsi se succèdent les grands et les petits tous aussi habiles et impressionnants les uns que les autres. La musique ne s'arrête jamais, parfois quelqu'un rentre pour remplacer un autre, certains font le signe de croix avant de s'élancer dans le cercle, l'ambiance est mythique !
Nous apprenons alors que c'est aujourd'hui l'anniversaire de l'une d'entre eux. La jeune fille doit donc combattre contre tout le monde. Au début, tout va bien, mais au dixième partenaire, elle est épuisée, pourtant toujours en se déplaçant au rythme de la musique et du chant "parabéns pra você" (joyeux anniversaire), elle doit continuer à esquiver les coups. Dans ce club de Capoeira, c'est la manière de fêter les anniversaires !

Tout cela durera près de deux heures, ce fut un spectacle magnifique. A la fin, je veux absolument rencontrer le grand maître du club pour lui parler de sa passion. Il est très content de nous expliquer que la Capoeira est apparue au Brésil dans l'état de Bahia. Ce sont les esclaves africains qui, sans armes, s'entraînaient au combat en faisant croire qu'il s'agissait d'une danse africaine, d'où les chants, la musique et toute l'harmonie de cette discipline.

Aujourd'hui, lors des championnats, quatre juges notent à la fois, la beauté, la technicité, le rythme et l'efficacité des coups portés. La spiritualité est très importante dans la Capoeira, nous explique le grand Maître, chacun la puise en ce qu'il croit, aucune religion n'est avancée ni refusée. Nous le remercions, il nous a fait non seulement découvrir cette culture, mais aussi participer à son entraînement hebdomadaire, en nous invitant à nous joindre au cercle des initiés. Beaucoup plus qu'à un spectacle, nous participons au fil de notre voyage à différentes traditions de la culture brésilienne. La Capoeira restera pour moi un grand moment du Brésil.

Les spécialités culinaires et types de restauration - Dimanche 27 Janvier 2002 - Cyril


Les aliments et plats:

Les aliments de base de la cuisine traditionnelle brésilienne sont le "feijão" (haricots noirs) et "arroz" (riz). Combinés ensemble avec de la viande, ils forment le plat national, premier plat important et présent dans tout le Brésil: la "Feijoada".

Autre plat que nous avons gouté: Le "Frango do Molo Pardo", le poulet accompagné d'une sauce spéciale, puisqu'elle est faite à base du sang du poulet. A ne pas rater si vous allez au Brésil.
En tant que voyageur à petit budget, nous sommes de fervents mangeurs de "lanches" (sortes d'amuse-gueules), que l'on trouve comme leur nom l'indique dans les fameuses (célèbres) "lanchonetes".
Les "lanches" sont peu chers et calent un estomac pendant longtemps ; parfait donc pour nous. Prix: environ 1 Real, soit 0,5 Euro. Nous sommes particulièrement séduits par le "pan de queijo", littéralement traduit par "pain de fromage", mais qui n'en a pas vraiment le goût.

Concernant les desserts, nous avons aimé (surtout Nico) le "doce de leite", typique de la région du Minas Gerais, une sorte de lait concentré sucré, peu facilement descriptible, il faut le goûter sur place (je pense qu'il existe aussi à Buenos Aires le "dulce de leche", on donc pourra comparer les deux...).

Ne pas non plus oublier les nombreux fruits: goyaves, papayes, pastèques, oranges...

Les boissons:


Pour les boissons, il y a le "leite de Coco" sur la plage, la "Bramha Chopp" dans les bars (bière locale), les "Caipirinha" partout, entre amis. La Caipirinha est la boisson nationale du Brésil, elle est faite à base de citrons verts, de glace pilée, de sucre et de Cachaça. La Cachaça, un alcool de sucre de canne, est aussi appelé Pinga ou auardente. Il ne faudrait pas oublier le "coca local" (dont ils sont très fiers), le "Guaranà". On trouve le "Guaranà" sous toutes les formes: version normale (gazeuse), en version dièt sans sucre, en jus de fruit (le fruit vient d'Amazonie), en poudre...

Les types de restauration:

Après les "lanchonetes" (voir plus haut), nous mangeons aussi dans les restaurants au poids (comida por kilo), bons marchés et très bons: environ 1,16 Reals (0,6 Euros) pour 100 grammes. Nous avons aussi testé une "Churrascaria", le restaurant servant des viandes cuites au barbecue... à volonté.
Nico (en tant que gros mangeur) et moi (en tant que grand carnivore) sommes ravis !

Découverte de São Paulo
- Jeudi 31 janvier - Nico


Nous voilà à São Paulo, gigantesque mégalopole de plus de 20 millions d'habitants (soit un tiers de la population française), ce qui fait d'elle la ville la plus importante de toute l'Amérique du sud. Nous ne nous attendons pas à un séjour touristique ici, mais nous sommes curieux de rencontrer les habitants pour connaître davantage les conditions de vie dans une si grande ville.

A la sortie du métro, qui - soit dit en passant - est aussi neuf et impeccable que celui de Rio de Janeiro, je suis impressionné par l'Avenida Paulista ; nous voilà au milieu des gratte-ciel, de la foule et des odeurs de gaz d'échappement. Nous marchons plusieurs heures dans la ville sous une chaleur insupportable en direction du centre. Tout ce que nous découvrons est l'agitation ; toutes les rues se ressemblent. Elles sont pleines de monde : les taxis, les bus et les voitures défilent à toute vitesse. Il est très difficile de traverser les rues, même sur les passages piétons.
Plus tard, les gens que nous rencontrerons nous expliqueront que la circulation en voiture est très difficile. C'est d'ailleurs pour cela que de nombreux hommes d'affaires se rendent à leur travail en hélicoptère. Ils atterrissent directement sur le toit des immeubles.
Par ailleurs, Sao Paulo est réputée pour la complexité de son réseau autobus et seuls les habitués connaissent les arrêts et les bus qui conviennent. Il reste alors le taxi, qui est toutefois plus cher ici qu'ailleurs...

Au final, je reste impressionné par cette ville qui s'étend à perte de vue, notre court passage ici ne nous permet pas de voir tous les musées, mais nous donne un aperçu de la qualité de vie des paulistains. C'est en définitif, une ville à voir mais... pas à revoir !



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