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LA
SAMBA - jeudi 18 Janvier soir 2002
- Nico

Incroyable ! Absolument grandiose !!! Du jamais vu !
Que plus aucun voyageur au monde ne s'aventure au Brésil sans aller
voir un show de Samba. A force de discuter avec les gens, nous avions trouvé
l'adresse et le lieu de ce rendez-vous dans un quartier de Rio, mais jamais
je ne me suis imaginé ce qu'on y a vécu la nuit dernière.
Les rues étaient complètement bondées de jeunes qui
affluaient de partout. Avec du mal et beaucoup d'hésitations nous
nous sommes avancés vers ce gigantesque hangar du quartier "monobloco"
dont il était si difficile de s'approcher tellement il y avait de
monde. Plus de places à vendre, tant pis, on se débrouille
pour en avoir sur place et on entre littéralement écrasés
par cette foule en délire.
A l'intérieur, c'est l'euphorie, les tambours et tambourins en tout
genre résonnent dans un vacarme hallucinant et tout de suite, on
est pris par cette ambiance extraordinaire. Alors que les décibels
ne cessent d'augmenter, ce sont plus de 2000 brésiliens et brésiliennes
qui ondulent leurs corps au rythme de la Samba. Sur la scène, il
y a une cinquantaine de musiciens qui rythment ainsi le chant sous la direction
étonnante d'un "chef d'orchestre" muni d'un sifflet qui
se fait comprendre par des gestes précis. Tout cela durera toute
la nuit dans une ambiance que tous les superlatifs du monde ne qualifieraient
pas. Au retour, alors que mes oreilles résonnent encore, je sais
que cette soirée restera un souvenir inoubliable.
Vive la Samba, vive le Brésil et Rio de Janeiro !
Le temple du Football: Le Maracanà - Domingo 20 de Janeiro
2002 - Cyril

Pour
le monde entier, le Brésil est LE pays du football. Pelé est
toujours (et sera toujours) considéré comme le meilleur joueur
de tous les temps. Ronaldo, le "phénomène", originaire
d'une Favela de Rio, est en train de retrouver son meilleur niveau après
sa blessure et compte bien rivaliser avec Zinedine Zidane le français,
et Luis Figo le portugais pour le titre de meilleur joueur actuel. Impossible
donc de partir de Rio sans passer par le Maracanà, considéré
lui comme LE temple du football. Pourquoi s'en priver alors?
Au Brésil, le football est resté un sport populaire, non seulement
il se joue à tous les coins de rue et sur les plages, mais il reste
populaire pour assister au matchs.
Au Maracanà, il y a toujours des places. Il n'existe que deux prix:
3 Reais (9,59 FF, 1,46 Euros) et 10 Reais (31,97 FF, 4,87 Euros), et
tout le monde rentre.
Par conséquent, les prix sont fixes et il n'y a pas de revente de
billets à l'extérieur du stade. Les deux prix distinguent
le premier étage (3 Reais) du deuxième (10 Reais). Les entrées
dans toutes les tribunes du deuxième étage sont libres, les
gens se placent où ils veulent: les supporters se placent tous derrière
le but de l'adversaire, pour voir son équipe marquer.... et changent
tous de place à la mi-temps pour aller de l'autre coté du
stade.
Nous sommes allés voir le match Fluminense (équipe de Rio)
contre Corinthians (équipe de Sao Paolo), sous une chaleur écrasante
de 36ºC. Score final, 1-1. Nous sommes étonnés par la sportivité
des supporters qui, comme indique leur nom, sont là pour supporter
leur équipe: aucun cri ni geste envers l'autre équipe ou leurs
supporters (aucune violence dans les tribunes) ... seulement quelques cris
de temps à autre (comme dans tous les pays..) contre l'homme en noir.
C'est donc avant tout la passion qui les anime, et c'est bien comme ça.
Il n'est pas rare d'ailleur de voir des supporters tatoués des blasons
de leur équipe.
Le jeu est très technique, basé sur l'attaque, rapide et plaisant
à voir. C'est le foot au Brésil, incomparable!
L'après Maracanà - Dimanche 20 Janvier 2002 - Cyril

Les
imprévus sont vraiment un des plaisirs des voyages que je savoure
le plus. Laissez-moi vous en raconter un que nous avons apprécié
particulièrement. Alors que nous sortions du Maracanà et que
nous demandions à des passants où se trouvait le plus proche
arrêt de bus pour rentrer à Ipanema, nous avons commencé
à discuter avec un couple de jeunes brésiliens. Lui était
du Fluminense, il en portait le maillot. Elle parlait anglais, pas lui.
A travers sa traduction, il nous propose de prendre un verre au bar du coin.
Nous acceptons, ils avaient une "bonne tête" et étaient
accompagnés d'un jeune (Rodrigo) d'une 15aine d'années.
Le bar en question étant fermé, nous les accompagnons en voiture
jusqu'à un autre bar au milieu de nulle part. Autour de quelques
bonnes bières fraîches et de cuisses de poulet, nous commençons
à discuter. Nous commençons par le foot : le match de l'après-midi,
leur équipe nationale (la "seleçao"), la nôtre,
Zidane, Ronaldo, Pelé... puis nous enchaînons sur Senna, leur
idole... puis la Samba, la musique..., le fait d'etre Carioca (habitant
de Rio), une fierté...
Après deux heures et quelques bouteilles de bières vides,
nous nous rendons compte que nous avons passé tous ensemble un super
moment: je pense que c'est parce que nous avons rencontré le Brésil
"humain", d'un autre point de vue; C'est ça que l'on cherche:
"ne pas être des touristes, mais des voyageurs", et les
voyageurs recherchent ces moments de partage avec les gens locaux.
Il est temps de rentrer, il se fait tard, Bernard refuse que nous payions
quoi que ce soit, il nous l'offre. Plus que quelques bières, Bernard
ne sait pas qu'il nous a offert quelque chose de bien plus fort: un souvenir
inoubliable. Bernard et Rachel nous raccompagnent à l'apart' en voiture,
en écoutant à fond la MPB (Musique Populaire Brésilienne)
et la techno brésilienne... Trop fort. Nous notons les titres des
CDs, nous les écouterons au retour en France, ils nous rappelleront
avec plaisir ce moment imprévu, imprévisible et si fort!
Le Brésil multiethnique- Lundi 20 janvier 2002 - Cyril

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| L'enfant
au cerf volant d'Ouro. |
Le
Brésil est un pays vraiment étonnant en ce qui concerne le
métissage humain. A l'origine, il y avait: les Indiens qui habitaient
déjà sur les terres, les blancs colonisant ces terres, et
les esclaves noirs apportés pour travailler. Au cours des années,
les mélanges se sont réalisés de telle façon
que beaucoup sont maintenant métis, des "mulatos" comme
les appellent les brésiliens (indien-noir, blanc-noir, indien-blanc).
De toute façon, et c'est ça le message à retenir, il
faut remarquer que toutes ces populations cohabitent à merveille.
C'est un plaisir à voir!
L'homme d'Ouro Preto aux deux perruches - Mardi 22 Janvier 2002 -
Nico

 C'est
en découvrant la ville d'Ouro Preto, anciennement la ville coloniale
la plus riche de toute l'Amérique latine, connue pour ces mines d'or,
que nous avons rencontré cet homme si étrange. Attiré
par les deux perroquets perchés sur son épaule, je m'approche
pour le prendre en photo et la conversation s'engage.
C'est le moment de mettre en pratique les rudiments de portugais que j'ai
appris. Content de notre curiosité, il nous parle des nombreuses
églises de la ville, toutes construites par des esclaves africains.
Alors que les perruches me grimpent sur les épaules, notre guide
nous conduit à travers la ville, nous racontant son histoire en long
et en large. Il est passionné par ce qu'il raconte, nous montre les
pièces d'arts en tout genre que les habitants fabriquent de leur
propres mains (travail des pierres précieuses et sculptures sur minéraux),
mais surtout il nous montre la nature qui entoure la ville perchée
dans la montagne. En plus de ces perruches, il nous avoue être passionné
par les animaux et les plantes. Il se vante de connaître toute la
nature qui l'entoure ; il cultive chez lui, nous dit-il, une orchidé
plus grande que moi. Il m'ausculte alors de haut en bas et nous demande
si nous avons faim. Il est 10h30, je ne sais pas quoi lui répondre,
pourquoi cette question ? Il veut nous montrer son orchidé et nous
invite alors à manger. Curieux d'en savoir plus sur cet homme aux
deux perruches, nous acceptons...
Après
10 minutes de marche dans la ville, je regarde Cyril interrogateur, où
allons-nous ? Nous arrivons dans un quartier plutôt pauvre, l'homme
s'excuse d'avance de l'état de sa maison, il est très pauvre,
nous dit-il, et habite une maison très simple. Peu importe, nous
continuons à marcher alors que nous entrons dans ce qui ressemble
vraiment aux fameuses favelas de Rio (et autres grandes villes). Les favelas
sont des quartiers où les maisons formées de tôles et
de murs de briques se surperposent les unes sur les autres ; on nous a vraiment
déconseillé d'y mettre les pieds car la pauvreté est
telle qu'en tant qu'étrangers, on a beaucoup de chance de ne pas
en sortir les poches pleines. L'homme nous parle alors de son quartier,
centre de la drogue et de la violence, mais il nous rassure bien vite en
nous disant que nous sommes ses amis et qu'avec lui nous ne risquons rien.
C'est tout de même après plus d'une heure de marche sur les
versants de la colline que nous arrivons chez lui.
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Cyril,
posant devant la fierté de
"l'homme aux perruches" !. |
Sa
maison est constituée de quelques murs en parpaing et d'une tôle
ondulée comme toit. Il nous présente sa femme et trois de
ses enfants et nous montre son orchidé avec une grande fierté,
c'est vrai qu'elle me dépasse de beaucoup ! En tout cas, nous sommes
bien plus intrigués par cette habitation si inconfortable et rudimentaire
que par son orchidée. Nous sommes priés de nous asseoir sur
les deux uniques chaises de la pièce ; on nous rapporte alors deux
verres d'eau en signe d'hospitalité, c'est de l'eau du robinet soit-disant
filtrée mais nous ne pouvons pas refuser. La femme nous cuisine alors
des saucisses qu'elle nous sert avec du pain et des oeufs. Toute la
famille nous regarde manger, mais personne ne nous accompagne. Je jette
de temps en temps quelques coups d'oeil vers Cyril tout aussi gêné
que moi d'accepter de manger tout ce qu'ils ont sans doute en réserve.
Je ne peux pas expliquer avec des mots le sentiment que j'ai éprouvé
à ce moment là, mais je sais que je me rappellerai de cela
toute ma vie. Le repas se termine, nous repartons vers le centre ville,
heureusement accompagnés par l'homme aux perruches toujours perchées
sur son épaule. Encore une fois, il s'excuse de nous avoir reçu
dans sa demeure si humble, mais il nous rappelle que l'important c'est le
coeur.
Expressions linguistiques - Mardi 22 janvier 2002 - Cyril

Lutigard,
car c'est ainsi que s'appelle "l'homme aux deux perruches", nous
a parlé pendant plus de deux heures. Grâce à des conversations
de ce genre, nous avançons chaque jour un peu plus loin dans la connaissance
de la langue portugaise, et plus précisément son évolution
brésilienne.
Lutigard nous a présenté sa ville de la façon suivante:
nous avancions de 10 mètres, puis il s'arrêtait et nous racontait
quelque chose. Avant de repartir, il disait toujours: " 'ta legal?"
(prononcer 'ta légaou, trad: tout va bien? c'est ok?), en levant
le pouce vers le haut. Etant donné qu'Ouro Preto est formée
d'une multitude de petites collines, nous montions et descendions les rues
en pavées. Souvent il s'arrêtait en disant: "cansado amigo
meu?" (fatigué mon ami?). Avant de nous quitter définitivement,
en nous serrant la main, il nous a dit cette phrase: "Fique com Deus,
fé no Brasil". (Reste avec Dieu, foi dans le Brésil)
La sécurité en voyage - Mardi 22 janvier 2002 - Cyril

On
nous a souvent conseillé de faire attention pendant notre parcours,
ces conseils venant de personnes connaissant ce type de voyage et connaissant
aussi les pays que nous traversons.
Au Brésil, il fallait particulièrement faire attention puisque
les vols et les attaques aux voyageurs sont fréquentes (ils nous
avaient parlé particulièrement des Favelas, ce que nous ont
confirmé les amis habitant à Rio). Nous avions donc une liste
de précautions: il ne faut pas nous baigner ensemble car il faut
toujours quelqu'un pour surveiller les affaires; il faut une ceinture-poche
cachée sous le pantalons, pour ne pas perdre les documents les plus
importants (passeport, cartes de crédit...); il faut tant que possible
cacher les objets de valeur : montre, appareils photos, bijoux, caméra
vidéo (facile, on n'en a pas!!), notre Psion (qui nous permet de
vous écrire)...; garder toujours un oeil sur notre sac et sur toute
personne qui s'approcherait trop de celui-ci; ne pas faire confiance tout
de suite à un inconnu, même si celui-ci paraît de toute
bonne foi... Etant deux pour voyager, la tâche est facilitée,
cependant, en une semaine nous avons eu quelques émotions. (n'aie
pas peur Mam', tout va bien!!)
Dès l'arrivée à Rio, nous sommes assaillis de personnes,
la seule chose que nous voulions faire était donc de rentrer à
l'auberge de Jeunesse et de nous débarrasser de ces objets de valeur.
Nous ne nous sentions pas tranquilles, un sentiment d'insécurité
nous stressait, et nous empêchait de profiter de la ville. En effet,
nous nous sentions observés ! C'est certainement dans la tête,
mais bon...
Lorsque nous ne connaissons pas l'environnement, ces sensations sont plus
propice à se développer. C'est là toute la différence
entre nous qui débarquions et un étranger (français
ou d'autre nationalité) qui vit dans le pays. (même en maillot
de bain nous nous sentions étranger ! On sent qu'ils savent que l'on
est étranger, dans notre façon de regarder autour de nous,
de marcher...).
Dorénavant, nous essayerons de nous déplacer avec l'attitude
de quelqu'un qui sait où il va, meme si on y met pour la première
fois les pieds.
Aujourd'hui, j'avoue avoir eu très peur chez "l'homme aux perruches".
J'étais confiant dès le début pourtant, Nico aussi.
Nous l'avons suivi chez lui parce que nous pensions pouvoir le faire, en
sécurité.
Cependant, lorsqu'après une heure de marche nous nous sommes assis
chez lui et avons commencé à boire son verre d'eau, j'ai commencé
à avoir très peur. Je me souvenais de l'histoire des voyageurs
ayant bu un verre d'un inconnu, et s'étant réveillé
en se retrouvant à des kilomètres de là. Il faut savoir
que nous étions tout au fond de la "sorte de Favelas de campagne",
après une longue marche, et que sa maison étant vraiment "basique":
elle n'avait pas l'eau courante... donc nous avions quelques doutes sur
la pureté de l'eau, même si l'homme aux perruches disait qu'elle
était filtrée (encore une fois, nous nous méfions de
tout!).
A ce moment là, je me sens vraiment "partir", j'ai la tête
qui tourne, et je vois que Nico n'est pas bien non plus. Je lui dis
alors en panique et en français: "on s'en va, Nico, on s'en
va! Vraiment!" (nous n'avions pas mangé le matin, juste bu un
café... nous avions dormi la nuit dans le bus, nous étions
fatigués...il faisait chaud...).
A ce moment, j'étais près à m'échapper en courant.
J'avais vraiment peur, moi qui d'habitude tempère plutôt les
situations. Notre hôte ne comprenait pas, mais il voyait que j'étais
pas d'accord de rester. Nico, habitué à la marche, à
pensé plus rapidement que moi et m'explique qu'un état de
ce genre peut arriver; nous sommes donc restés.
Effectivement, plus de peur que de mal, 5 minutes après nous étions
à nouveau "normaux" et parfaitement rassurés. Encore
une fois, c'était dans la tête. Ceci dit, vaut mieux être
toujours sur ses gardes et qu'il ne nous arrive rien! (hein Mam' ?)

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