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L'Islam, on n'y échappe pas ! - 4 Aout 2002 - Nico


L'indonésie est le plus grand pays musulman du monde ! Avec ses 250 millions d'habitants elle compte plus de fidèles qu'en Afrique du nord.
Le Coran et la prière règlent la vie quotidienne. Cinq fois par jour, les haut-parleurs des mosquées font résonner dans toute la ville le chant d'appel à la prière. Tous les matins à 5 heures, le fameux "Allah A' Wakbar" me fait prendre conscience que je suis en Indonésie et que dans quelques minutes toute la ville va s'activer.
Dans la rue, beaucoup de femmes sont voilées et certaines portent même le chador intégral qui ne laisse apparaitre que les yeux.

Hier, nous étions invités chez un français pour manger un bon saucisson qu'il avait ramené de France (quel plaisir après 7 mois de voyage). Vincent m'explique qu'il n'aurait jamais pu manger du cochon chez lui. Son collocataire musulman devrait laver 7 fois la vaisselle avant de pouvoir la réutiliser.

Lorsque nous parcourons toute la ville à la recherche d'une boutique batak (ethnie chrétienne du nord de Sumatra) pour acheter une bouteille de bière, il n'est pas question de la boire à la vue d'un musulman. On évite même de la mettre dans le frigo de Vincent.

Plusieur fois, j'ai eu l'occasion de parler avec Tatok (le collocataire barbu qui met des photos de Ben Laden dans sa chambre) au sujet de sa religion. Le Coran est pour lui la parole de Dieu, dictée par l'Archange Gabriel à Mohamed. Il doit être lu en arabe et ne peut être interprété ou adapté. En discutant du même sujet avec d'autres amis, je me suis montré intéressé pour aller visiter avec eux la mosquée. Ils me proposent alors d'aller prier avec eux à 18 heures (magrib).

A l'appel de l'Imam, je les accompagne. Nous commençons par nous laver les pieds, les bras, les yeux, le nez, la bouche et la tête trois fois de suite. Dans la mosquée, tout le monde me regarde, je suis un peu impressionné, mais mes amis me rassurent: "tu peux faire les mêmes gestes que nous". Je suis donc méthodiquement chacune des prosternations et chaque mouvement des bras guidé par l'Imam qui continue de chanter dans le micro. Dix minutes plus tard, une fois la prière finie, je quitte content la mosquée avec tous mes amis. Ils recommenceront encore une fois ce soir pour l' Isya.

Des habitudes à prendre - 5 Aout 2002 - Nico

"Fais gaffe Nico !" me dit Vincent... "Merde, je me suis encore trompé de main". Ici, il faut toujours tendre la main droite quand on donne quelque chose à quelqu'un et particulièrement de la nourriture ou de l'argent. La main gauche est réservée à s'éxécuter aux toilettes (je ne vous fais pas de dessin !).

D'ailleurs à ce propos, ici, il n'y a pas de PQ (papier hygiènique pour les avares de sigles). Alors comment fait-on ? Et bien il y a toujours un robinet pas loin avec un petit pot à eau... c'est bien plus propre m'assure Vincent. Enfin pour l'instant je suis bien content d'avoir pris mes précautions de voyageur en emmenant un bon stock de papier dans mon sac à dos !

Les salles de bains n'ont jamais de douche, mais un bac que l'on remplit d'eau et un pot (souvent le même que pour les toilettes) pour s'asperger. Ne cherchez pas l'eau chaude, je ne sais pas si ils l'ont déjà inventée.

Une autre habitude à prendre, retirer ses chaussures en entrant chez les gens. Il n'y a pas qu'à la mosquée qu'on doit se déchausser, c'est un geste d'humilité. Remarquez, ça a un côté pratique, on peut voir en entrant si les collocataires sont rentrés.
A part ça, il est permis de roter à table ou ailleurs, mais se moucher devant un indonésien pourrait le choquer. Mieux vaut cracher par terre ou se moucher avec les mains à la manière des cyclistes. Parfois il faut même apprendre certains comportements. Comment manger le riz avec ses doigts par exemple (attention à n'utiliser que la main droite). Avec l'habitude et la technique, on fait une petite gouttière au bout des doigts et on pousse avec le pouce, ce n'est pas si difficile !

Il faut aussi s'habituer à manger et rester des heures assis par terre. Les gens nous reçoivent toujours sur une natte à même le sol. Maintenant il ne reste qu'à s'exercer et prendre les bonnes habitudes. On n'est pas chez des sauvages tout de même !

Ils viennent tous nous voir ! - 6 Aout 2002 - Nico


En Indonésie, ce n'est pas celui qui invite qui honore son invité, mais bien l'invité qui montre l'intérêt qu'il porte à son hôte en se rendant chez lui. Ainsi il est très bien vu par exemple de "s'incruster" à une fête ou à un mariage, ou encore de frapper à la porte des gens pour aller prendre le thé chez eux.

Depuis que je suis chez Vincent, je ne compte plus le nombre "d'amis" qui viennent tous les jours pour discuter de la pluie et du beau temps. Certains ont entendu parler de ma venue et veulent à tout prix me rencontrer. Vincent et Victor me proposent de m'accorder une interview spéciale à la radio. Pendant une heure, je répondrai en direct aux questions des indonésiens !

Dans la rue également, ce qui nous voient se ruent sur nous en criant "Hello Mister ! How are you Mister ? Where are you going Mister ?". Lorsque nous nous asseyons une minute sur un banc, nous savons que deux minutes plus tard, nous aurons plein de nouveaux copains pour discuter.
Hier, deux filles ont proposé de m'emmener à Bandar Lampung pour visiter le marché ; au moment de partir, nous étions déjà une quinzaine. Enfin, nous nous sommes bien amusés et je crois qu'il faudra s'habituer à vivre en groupe ici !

Avant de partir pour Sulawesi (îles Célèbes)
- 11 Aout 2002 – Nico

Aujourd'hui, je suis avec Vincent et Dolly (son amie indonésienne) à Jakarta pour aller chercher Cyril à l'aéroport. Nous avons déjà réservé un hôtel pour la nuit et des billets de bateau pour le lendemain. Vincent nous a proposé de partir en voyage (ça tombe bien, on commence à avoir l'habitude) dans les îles Célèbes appelées ici Sulawesi. Là-bas, nous prévoyons d'aller dans la montagne à la rencontre d'une éthnie chrétienne : les Toraja. La nature est paraît-il magnifique, l'architecture étonnante et les gens vraiment accueillants...

Tout coïncide avec l'arrivée de Cyril. A peine sur le sol indonésien, nous l'emmenons pour 48 heures de bateau. C'est le prix à payer pour découvrir la culture Toraja, ses rites funéraires et ses sacrifices de Buffle. Cyril ira accuser son décalage horaire à l'hôtel pendant que Dolly, Vincent et moi irons visiter l'un des derniers ports de marine marchande au monde : Sunda Kelapa.



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