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On ne peut rien leur dire ! - 12 Aout 2002 – Cyril

Dès le début du séjour en Asie, je ressens une grosse frustration: ne pas pouvoir discuter avec les gens. Qu'est ce que c'est dur!! Ne pas pouvoir dire les mots les plus basiques tels que : je m'appelle Cyril, comment t'appelles-tu, que fais-tu dans la vie... c'est HO-rrible!!

Quand je vois un petit enfant, à part lui sourire, je ne peux rien lui communiquer! Non mais vous vous rendez compte? Nous nous étions habitués dans les pays hispanophones, quel changement! Et ce petit vieux qui me regarde avec un sourire sans dent, les yeux cachés derrière des rides superbes, qu'est ce qu'il pourrait m'enseigner!

Après 15 jours, nous saurons les mots principaux mais ils ne pourront jamais nous satisfaire. Tant pis, on apprendra de nouvelles choses, à communiquer autrement qu'avec la langue : sons, sourires, signes, rires, je jongle, je fais des petits tours de magie, je joue au foot... On improvise, on s'y fera bien à ça aussi!

Deux jours de bateau - 14 Aout 2002 - Nico


En montant sur la passerelle du paquebot, nous croyons encore embarquer pour "la croisière s'amuse". Une minute plus tard nous comprenons qu'il en sera différement. Le bateau qui date de 1991 ressemble à une épave centenaire. Nous parcourons tous les couloirs jusque dans les ponts inférieurs de la classe économique. Là nous découvrons l'endroit où nous allons vivre les prochaines 48 heures.

Cela ressemble à une grande salle dans laquelle s'empilent des rangées de banettes, chacune laissant la place à une dizaine de matelas (quand on a la chance d'en avoir un). Là nous avons tout l'air d'être dans un camp de réfugiés. Des cafards courent sur les murs et les haut-parleurs crachent les consignes de sécurité.
Cinq fois par jour, ils nous chanteront également l'appel à la prière ; ce sera l'occasion de voir tous les fidèles installer leur tapis en direction de la Mecque et commencer leurs prosternations.

A peine installés, les voisins rappliquent comme des mouches et s'assoient avec nous sur nos matelas. Ils ont juste envie de parler avec des étrangers. Très vite, nous sommes limités par la langue, mais ils restent assis à nous contempler. C'est normal en Indonésie, c'est une démarche gentille de leur part. Le repas arrive : riz blanc et deux morceaux de poisson. Le petit dej : riz blanc et omelette, déjeuner : riz blanc et poisson...

Il en sera ainsi durant tout le trajet, à chaque repas nous aurons droit à notre "ration de prisonnier" dans un plateau en aluminium !

Le soir, je décide de jouer le jeu indonésien et m'approche de la famille d'à côté. Je suis prié de m'asseoir et sympathise vite avec eux. Yanti et Irwwanto sont tout juste mariés depuis une semaine. Yanti n'avait vu Irwanto qu'en photo avant de l'épouser et de partir vivre avec lui et toute sa belle famille sur les îles Moluques.
Pendant la traversée, ils me montreront les photos de leur mariage à la mosquée, m'enseigneront à parler indonésien et me proposeront d'aller me promener avec eux sur le pont supérieur pour me prendre en photo sur toutes les coutures !

Un marathon de transports - 15 Aout 2002 – Cyril


Je suis arrivé il y a deux jours en Indonésie, et je dois dire que je suis un peu fatigué du vol. J'ai intérêt à m'accrocher, les 18 heures d'avion ne sont que le début d'un marathon de transport comme je le ferai peu dans ma vie :

Aux USA, commençons par 6 heures de voiture pour rentrer de San Francisco, puis 14 heures de vol de L.A. à Hong Kong le soir même (départ à 1h40 du matin), 3 heures d'attente dans l'aéroport de H.K.puis 4 heures de vol de Hong Kong à Jakarta.
Arrivé à Jakarta, nuit d'hôtel bizarre : je me réveille à trois heures du matin, en plein dans le "jet lag" (il y a 12 heures de différences). Le lendemain vers 14h00, nous partons pour 2 jours de bateau, partageant le dortoir avec 80 autres indonésiens (voir l'article ci dessus).
Arrivés à Sulawasi à 14h00, nous prenons à 19h00 un bus de nuit de 10 heures (sièges minuscules non inclinables bien sûr!) jusqu'à Rantepao. Nous arrivons à 5 heures du matin complètement détruits.
Un jour de repos, demain nous louons une moto pour la journée pour visiter les collines avoisinantes du village et les rizières à perte de vue. Le soir, j'ai dû escalader mon lit, puis je m'y suis effondré.

La nuit, j'ai révé que je faisais le tour du monde... en ballon!



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