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Jodhpur, la ville bleue - Samedi 16 et Dimanche 17 Novembre - Nico

Un peu plus de 10 heures de bus nous conduisent aux portes de Jodhpur, cette grande ville du Rajasthan. Elle est connue comme la cité bleue dominée par la forteresse massive de Meherangarh. Après avoir affronté difficilement les dizaines de rickshaws qui veulent à tout prix nous emmener à l'hôtel pour toucher une commission, nous arrivons enfin aux portes des remparts.

A première vue, nous sommes en plein chaos d'une ville indienne comme les autres. Des vaches dorment au milieu de la rue, imperturbables aux bruits des klaxons incessants pendant que d'autres mangent les morceaux de plastique et de cartons qui traînent. Un peu plus loin, c'est un éléphant qui marche au milieu de la rue, de l'autre coté un chameau tire une charrette pleine d'objets en tous genres. Les gens nous abordent sans arrêt "hello, what's your name ?", les commerçants nous appellent dans leur magasin "no buy, just look !" ou encore "very cheap, special price for you !", les enfants nous réclament des crayons...

Nous dormons une première nuit sur place et dès le lendemain nous déménageons dans le centre de la vieille ville. Nous trouvons un splendide hôtel avec une vue imprenable sur le fort et la ville bleue. Ici les rues sont trop étroites pour que circulent les rickshaws. Les vaches et les ordures sont encore là, mais nous sommes loin du bruit et des klaxons. Impossible de ne pas apprécier pleinement le charme enchanteur de ces ruelles toutes peintes en bleu.

Au marché, autour de la fameuse "clock tower", les singes que l'on retrouve partout tentent de chiper les bananes et cacahuètes. Nous nous perdons quelques heures dans ces ruelles à la rencontre des habitants et des sourires timides des filles qui se cachent sous leur sari de couleur vive.
Nous visitons une école constituée d'un temple à Shiva et d'une salle unique où les élèves apprennent à lire assis pas terre. Demain nous monterons visiter le fort majestueux qui fait déjà de l'ombre à ces ruelles au pied de la grande crête rocheuse qui la domine.

Mariage Hindou à Jodhpur
- Dimanche 17 Novembre - Cyril

En cette période hivernale, de nombreux mariages sont célébrés. Le temps n'est pas si chaud comme il peut l'être en été, c'est la meilleure période (Novembre-Décembre) pour visiter l'Inde aussi. Les Samedi et Dimanche soir, de nombreux mariages auront lieu dans Jodhpur, nous pensons que ce serait bien d'assister à l'un d'entre eux.
Nous en avons parlé avec un "petit rabatteur" : apparemment c'est assez facile de se faire inviter, les indiens sont très accueillants et perçoivent la présence de "blancs" comme un honneur. Nous ne pensions pas cependant y assister comme nous le ferions ce soir...

A peine sortis de table, il est 19h30 quand nous entendons les bruits facilement reconnaissables des tambours du cortège marial qui traverse la ville, amenant le marié à cheval vers sa promise. En effet, on parle bien de "promise" : pour les hindous et les musulmans indiens, la plupart des mariages sont arrangés, le marié n'ayant vu sa future femme que sur photo, ne lui ayant jamais adressé la parole.

C'est fou quand même!! Nous voilà donc à côté du cortège, regardant les hommes danser comme des fous, les femmes superbement vêtues, plus calmes, à l'arrière; les lanternes portables (sortes de lampe de rue plus courtes, que les femmes, qui marchent sur le côté du cortège, portent sur leur tête) faisant le lien entre les deux.
Des enfants courent partout, la musique est forte, la joie évidente sur tous les visages, à part sur celle du marié qui "tire la gueule" (excusez moi l'expression mais c'est la plus parlante!). Tout de suite, nous sommes invités à danser, nous le faisons gaiement, ne sachant pas où ça nous mènera. Leur danse n'est pas spécifique, en faisant plus ou moins n'importe quoi en rythme ça leur plaît énormément.

Nous sommes rapidement le centre d'attention du cortège, les indiens n'en croient pas leurs yeux, on fait vraiment les fous. Ils nous mettent soudain un billet de 10 roupies plié dans le sens de la longueur dans la bouche, nous demandant de danser avec !
Ah ah ah, mais qu'est ce que ça veut dire cette coutume? Nous dansons avec les danseurs un par un, comme si ils nous invitaient. L'ambiance est folle, nous transpirons car nous n'avons pas une minute de répit pour reprendre souffle. Ils nous passent des colliers de fleurs ultra-odorants autour du cou. Les tambours qui battaient à des vitesses de musique techno se calment un peu, nous pouvons avancer.

Nico et moi nous nous regardons en nous marrant, quelle expérience! 30 mètres après, c'est reparti. Nous sommes en sandales et bermuda, portant aussi nos t-shirts sales de voyageurs qui le deviennent encore plus par la poussière que l'on fait voler. Ils hallucinent de la taille de Nico et de ma chevelure, mais surtout de notre entrain à jouer le jeu. Pendant une heure nous allons avancer, faisant tout ce qu'ils font.

Comme eux, nous mettons un pouce dans la bouche et faisons la "trompette" avec la main, puis nous sautons en l'air en criant "Ahh"; comme eux, nous prenons la bouteille de coke qui circule et la buvant et feignant d'être "bourrés; comme eux, nous dansons sur un pied; comme eux, nous leurs tenons la main pour avancer...

Avant d'entrer dans la cour de réception en plein air, nous nous arrêtons devant la porte, nous faisant filmer par la caméra vidéo qui immortalise les évènements. Nous sommes crevés, mais contents. Eux aussi d'ailleurs. Ils nous invitent finalement à rentrer.
Quelques minutes de danse à l'intérieur en attendant que le cortège entier rentre, puis nous nous arrêtons enfin. Un verre d'eau nous est offert. Un cousin du marié (d'après ce que j'ai pu comprendre) me prend par la main.

Nous traversons la foule qui nous regarde toujours autant pour prendre Nico au passage (entouré de monde, la star), nous sortons de la cour. Mais où nous emmènent-t-ils? Le gars dont j'ai oublié le nom a environ la 30aine, il a l'air très sympa et semble prêt à faire quelque chose en cachette.
Nous nous cachons dans une petite rue, comme des gamins de 12 ans prêt à consommer ce qu'ils ont "chipés" dans le placard. Son autre cousin arrive, regardant à droite et à gauche comme s'il avait un "flingue" ou de la drogue dans la veste.

Tout à coup, il nous sort de sa chemise... une bouteille de whisky, "Red Label". Ah ah ah, c'était donc ça! L'alcool est interdit, ils nous en proposent, sachant nous satisfaire et pensant réaliser un crime contre l'humanité. Nous acceptons avec joie, démultipliant nos manifestations de contentement et jouant au jeu du gamin qui fait quelque chose en douce.

Trois gorgées plus tard, nous voilà à nouveau au milieu de la foule, une grande assiette trop remplie dans les mains, nous efforçant de manger un petit bout. A chaque démonstration démesurée d'accueil nous répondons par une autre démonstration démesurée de remerciement. Enfin nous allons saluer les mariés, qui tirent toujours la gueule d'ailleurs (imaginez, vous devez vous marier avec un inconnu!), suivis par la caméra et son spot à 5.000 Watts.

On nous assoie sur les chaises de l'estrade à côté des époux, ils regardent les invités à la manière des rois. Le temps d'immortaliser l'instant par film, puis on nous offre des chaises dans l'assemblée. Nous pouvons enfin observer les autres invités : les hommes ont mis leur plus bel habit, les femmes comme toujours superbement et très finement habillées. Nous sourions alors que les enfants nous demandent de leur signer nos noms sur leur mains, nous répondons 100 fois à la question : "What iz your name?".

Tout à coup, il est 23h30 : alors que nous nous demandons comment nous réussirons à sortir de la fête, voilà que le frère de l'invité nous prends tous les deux par la main. On se dit :"non!!! pas le buffet!". C'est vers la sortie qu'il nous accompagne, ne nous laissant ni même le temps de nous retourner une dernière fois. A la sortie, des motos nous attendent, deux minutes après elles nous déposent à la porte de l'hôtel.
Crevés, on se couche direct. Demain on cherchera à comprendre.



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