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Shiva,
Vishnu, Krishna et compagnie
- Jeudi 14 Novembre - Nico

Comme
dans les autres pays que nous avons traversés, je suis frappé
ici par les pratiques et les rites religieux. Avec plus de 80 % d'adeptes
en Inde, l'hindouisme est la première religion de tout le continent
asiatique. C'est aussi une des plus anciennes croyances de l'humanité.
Les hindous vénèrent quelques 330 millions de divinités
issues de toutes les religions.
A tous les coins de rue, nous croisons des temples ou des images en couleurs
représentant des dieux à la peau bleue ou à tête
d'éléphant. Brahma, le créateur de l'univers, est
représenté avec quatre têtes barbues et quatre mains.
Vishnu, dont on dit que le Gange coule de ses pieds, a lui aussi quatre
mains. Il est le protecteur et compte 22 incarnations dont Krishna et
Bouddha. Shiva possède le troisième il sur le front
symbole de la sagesse ; à son image, les hindous se marquent le
front d'un trait de couleur.
A l'entrée des hôtels et des magasins, Ganesh est le dieu
gardien des portes. Shiva son père lui aurait coupé la tête
pour l'avoir empêché d'entrer, puis pour se repentir lui
aurait redonné sa fameuse tête d'éléphant qui
le rend si sympathique.
Les hindous croient que la vie terrestre est cyclique. Chacun appartient
à une caste, ou catégorie socio-religieuse, et doit se conformer
au code de conduite de cette caste. Le fidèle va tenter d'améliorer
son karma (ensemble des actes) en rendant des sacrifices aux dieux et
espère ainsi renaître dans une caste supérieure. Sinon
il peut se réincarner en animal.
La particularité de l'hindouisme, c'est qu'il n'y a pas de convertion.
Il est impossible pour moi, par exemple, de devenir hindou. Je suis né
dans la caste des chrétiens, il me faudra attendre une autre vie,
si mon karma est bon, pour renaître dans une caste hindou, si possible
supérieure.
Ablutions pour Brahman dans le lac de Pushkar
- Jeudi 14 Novembre - Cyril

En
arrivant à Pushkar, nous nous perdons dans les rues sinueuses de
la ville, admirant le spectacle de cette ville pleine de surprises et
de beautés. Au détour d'une rue, nous "tombons"
sur le lac, apercevant ces dizaines d'indiens s'aspergeant le visage,
les cheveux et les bras de l'eau du lac, parfois se baignant entièrement.
Certains sont en famille, accompagnés de "prêtre"
qui leur remplit les mains de pétales de fleurs et leur font réciter
des paroles en "sanskrit".
Toutes ces couleurs vives des châles des femmes, le soleil qui accentue
encore plus ces couleurs, les corps mouillés et souriants, les
marches trempées qui descendent graduellement jusqu'à l'eau,
le lac superbe et les beaux édifices blancs qui en bordent le rivage,
l'agitation désorganisée, les pigeons partout qui s'envolent
et se posent, la vache sacrée nonchalante qui observe en ruminant,
les jeunes sautillants de vie et les vieux pliés par le temps qui
se côtoient... c'est un spectacle fabuleux!
Le fait de ne pas encore comprendre le pourquoi de ces ablutions rajoute
du mystère à ces actes, la scène nous surprend encore
plus ! Nous sortons immédiatement nos appareils photo pour immortaliser
notre première vision du lieu, peut-être aussi dans le but
naïf d'en garder les émotions ressenties.
Deux photos plus tard, des prêtres hindous nous demandent d'arrêter
: le lac est sacré, il ne peut être pris en photo. Bien compris,
chef ! Il nous propose nous aussi de nous baigner et "prier"
Brahma, c'est bon pour le "Kharma". Pour vous expliquer, en
gros et rapidement : les hindous croient en la réincarnation. Si
les actes réalisés au cours d'une vie sont bons (le "Kharma"),
la réincarnation se fera dans une caste d'un rang équivalent
ou supérieur. Un bon hindou doit faire une ablution pour le Dieu
"Brahma" (Dieu qui créa l'univers) dans le lac de la
ville de Pushkar, pour "Shiva" (Dieu protecteur) dans le Gange
à Bénarès (Varanasi en indien), à "Rishnu"
(Dieu de pouvoir, de puissance, de justice et d'ordre moral) dans la ville
de Budhgaye.
Même si les ablutions sont faisables toute l'année dans le
lac de Pushkar, ces 5 jours du 15 au 20 Novembre sont "meilleurs",
ce qui explique le monde qui arrive des 4 coins du Rajasthan et même
de l'Inde pour se baigner. La "Camel Fair" de Pushkar se passe
aux mêmes dates, profitant de l'afflux des pèlerins (et des
touristes).
La foire aux chameaux commence demain le 16, c'est à partir de
demain que les touristes arriveront en masse, nous serons déjà
partis.
Aujourd'hui déjà il y en a pas mal, souvent ils acceptent
l'offre du prêtre. Notre guide du "Lonely Planet" nous
prévient des arnaques de certains "faux-prêtres"
qui demandent une grosse offrande après la baignade. Après
avoir refusé plusieurs prêtres insistants, je me décide.
Bon, puisque c'est bon pour mon "Kharma", je vais le faire,
mon prêtre n'a pas l'air d'un filou. En deux secondes, je suis accroupi
près du lac, suivant les instructions du prêtre : je me nettoie
les mains, les yeux, les oreilles, je prends de l'eau dans la paume de
la main et je répète les "sanskrits". Il m'y met
des pétales de fleurs, des poudres de toutes les couleurs. En anglais
il me traduit sommairement : "good health, good job, good family,
good love, good...".
Waaahh, j'ai bien fait de le faire!! Avant de partir, il me met un point
rouge au milieu du front, "le troisième oeil", symbole
de sagesse. Il me noue aussi un fil rouge en coton autours du poignet,
que je dois laisser jusqu'à ce qu'il casse, il l'appelle "the
Pushkar passport". Grace à ça, je pourrai faire toute
la longueur de la rive où se déroule les baignades (appelée
"les Ghats") en m'arrêtant plusieurs heures, profitant
du spectacle, sans qu'on me demande 50 fois de me baigner moi aussi !
C'est vraiment superbe, un spectacle inoubliable. Nous en revivrons un
équivalent à Bénarès, dans une autre dimension,
ça aussi ça va être fort en émotions!
Ces fous barbus, les sadhu - Vendredi 15 Novembre - Nico

Aujourd'hui
à Pushkar, les rues sont pleines de fidèles hindous venus
de partout pour la fête de Brahma. En général, il
s'agit d'hommes et de femmes portant des saris de toutes les couleurs
qui viennent faire les ablutions dans le lac sacré.
Pourtant, il y a parmi eux des personnages étonnants. Des hommes
torse nu, vêtus d'un pagne, se promènent couverts de cendres
et le visage peint. Ce sont des sadhu. Leur vie d'ascète errant,
refusant toute attache terrestre leur permettra peut-être de briser
le cycle des renaissances et d'atteindre à leur mort le Nirvana.
On dit que les sadhu peuvent rester debout sur une jambe ou un bras en
l'air pendant des années. Certains ont même des pouvoirs
de lévitation ou la capacité de disparaître et réapparaître
à volonté.
Quoiqu'il en soit, nous en avons déjà croisé à
Delhi, et nous en verrons encore dans toute l'Inde, mais à chaque
fois, je ne peux m'empêcher de les prendre pour des fous ambulants.
Ils parcourent le pays avec pour seul bagage un bol pour mendier et une
cruche d'eau et dorment dans la rue.

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