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C'est
la fête "Maya" au village
- jeudi 27 juin - Nico

Entre
la saint Jean et la saint Pierre, les 23 et 28 juin, les villages voisins
de San Juan et San Pedro sont en fête. Sur les places et dans les
rues, les guirlandes de toutes les couleurs donnent le ton. Les jeux pour
enfants, les marchés spéciaux et la grande roue sont là
pour que tout le monde en profite. Les enfants ne vont pas à l'école
cette semaine et se préparent à défiler dans la rue.
Lundi soir, il y a eu l'élection de la "Hija del pueblo"
(fille du village). Elle est belle, jeune et représentera le village
de San Pedro pour toute l'année à venir. Toutes les hijas
de los pueblos alentours sont là pour l'accueillir. Les discours
de chacune rappellent aux habitants les coutumes et l'esprit maya qui
les anime ; le respect du travail, du voisinage et de la famille est le
mot d'ordre. Le lendemain, et le surlendemain nous avons pu profiter des
concerts de musique traditionnelle. Heureusement que certains nous traduisent
les commentaires qui sont presque toujours en Tz'utujil.
Ce
soir au programme il y a un spectacle de "lucha libre" (mot
à mot : lutte libre). A cette occasion, des hommes sont en train
de monter un ring sur la place principale. Intéressé par
cette manifestation, je demande des explications à l'un d'entre
eux. Il me donne les règles en me précisant bien que c'est
un combat réel. Lorsque commence le spectacle, je comprends qu'il
s'est moqué de moi car nous assistons à un combat de catch.
Les premiers amateurs ne sont pas vraiment brillants, mais lorsqu'arrive
le dernier, je reconnais alors mon interlocuteur de cet après-midi.
Le combat prend alors d'autres proportions. La foule entière s'écarte
du ring quand éclatent les premiers coups d'une violence incroyable.
Rien à voir avec les affrontements précédents, Cyril
et moi nous regardons mutuellement, là vraiment nous sommes impressionnés.
Maintenant l'un des lutteurs a littéralement propulsé la
figure de son adversaire sur un poteau. Il se relève couvert de
sang. Du faux sang ? du vrai ? il semblerait que ce soit du vrai car il
continue de couler de son front, maintenant c'est l'autre qui est en sang...
c'est incroyable !
Ce soir nous avons vu un beau spectacle, nous avons même fait un
tour de grand-roue (sans se soucier des serrages de boulons à la
main, ni du moteur de moto relié par une courroie a l'attraction),
nous nous sommes bien amusés.
Pourtant, à travers cette fête du village, ce que je retiendrai
est plutôt l'esprit maya des habitants tous vêtus de leurs
habits traditionnels et fiers de les porter. Cette semaine c'est leur
fête, ce n'est pas une attraction touristique. Tout le monde est
heureux, tous les visages sourient, nous avons de la chance d'être
à San Pedro pour cette occasion.
Nous retournons au Rio Dulce - Samedi 29 juin - Nico

Aujourd'hui,
il est tant de retourner au Rio Dulce. Notre appareil photo devrait arriver
et Cyril ne veut louper sous aucun prétexte la finale du mondial.
Pour ma part, j'ai du mal à m'intéresser au foot ici au
Guatemala alors que nous vivons une expérience qui nous dépayse
autant. Nous partons donc pour neuf heures de bus dans des conditions
que nous connaissons d'avance...
Maintenant nous sommes habitués, j'arrive même à lire
malgré les chaos interminables ; il suffit de garder un doigt sur
la ligne et de tenir fermement le livre de l'autre main ! Nous sommes
motivés car nous savons que Guy nous offrira un petit rhum en arrivant.
Nous nous imaginons déjà sur la terrasse en bois racontant
à nos hôtes notre petite semaine sur l'altiplano. Que sont
neuf heures de bus si on sait qu'on va chez Guy et Rita !
Qui rencontrera-t-on ? Que vivra-t-on ? - Vendredi 5 Juillet -
Cyril

Un
des plaisirs du voyage, qui fait que j'ai toujours la même joie
de partir et de repartir, je vais vous le dévoiler : c'est l'inconnu.
On ne sait presque rien et c'est pour ça que c'est bien. Je me
dis alors, un frisson dans le coeur et des fourmis dans les jambes: "il
paraît que là-bas ils font ça, que là-bas ils
font comme ça.... Je veux le voir, je veux comprendre, je veux
le faire, je veux le vivre!". Je vais découvrir des nouvelles
choses, de nouveaux lieux, de nouvelles habitudes, de nouvelles musiques,
de la nouvelle bouffe, des nouveaux gens... et donc de nouvelles joies,
inconnues jusqu'alors.
Je me rends compte que ce sont surtout les gens, en fait ! A chaque fois
que je pars pour un nouveau pays, je sais que je rencontrerai des gens
géniaux qui deviendront des potes pour la vie. Inutile de nommer
J.R. de Bismarck, Arkansas, USA ; Philipp de Düsseldorf, Allemagne;
Stefano de Feltre, Veneto, Italia; Leo de Belo Horizonte, Minais Gerais,
Brésil... Je me dis alors que si je n'étais pas sorti de
mon trou, je ne les aurais jamais connus. Qu'est ce que j'aurais loupé!
Maintenant j'aurai du mal à m'arrêter. Je sais que certains
sont bien sans cet "x", cet "inconnu", mais qu'est
ce qu'ils loupent!
On ne se rend pas compte qu'en fait on est tous pareils dans notre trou
si on n'en sort pas la tête. J'ai maintenant toujours soif de nouveau,
d'inconnu! Je redoute la vie clonée de ceux de mon trou, je veux
du différent, toujours et encore. Il faut pour découvrir
ces joies oser braver l'inconnu. Il faut dépasser ces peurs de
l'étranger (du mot "étrange") et du "non-familier",
du différent (rappelez-vous: "La différence enrichie").
La plupart des gens se confinent dans ce qu'ils connaissent. J'aurais
envie de crier : "mais ,sortez de chez vous!!". Mais je n'ai
plus le courage, à quoi bon leur partager mes convictions et essayer
de les convaincre. Chacun vit sa vie. S'ils sont heureux, c'est bien pour
eux, mais qu'est-ce-qu'ils manquent!
Moi, je continue vers l'inconnu. Jusqu'à ce que j'en aie marre.
Alors je m'arrêterai, mais pour l'instant j'en profite!!

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