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Le match de Baseball - Samedi 20 Avril - Cyril


En République Dominicaine, le sport national est ... le baseball.
Ils ont tous des casquettes des "Astros" ou des "Red Sox" et ont les yeux rivés sur la ligue de baseball américaine où les stars dominicaines s'appellent "Sammy Sosa" et "Pedro Martinez". Les enfants rêvent de devenir pro, les publicités utilisent ce sport pour vendre leurs produits, les premières pages des journaux ont des photos de "pitcher" ou de "catcher", les ballons de foot sont inexistants sur l'île. Les enfants dans les écoles, les gamins dans les terrains vagues ou au milieu des rues... tous ne pensent et ne jouent qu'au baseball. Un bâton et un capuchon de bouteille suffisent souvent pour jouer.

A côté du bâtiment où travaille Eddy (et où nous dormons aussi), des dizaines d'enfants de 12 à 25 ans jouent au baseball dans un terrain vague. On y distingue les bases: home, première, deuxième et troisième. Les courses successives entre celles-ci ont tracé des chemins de poussière, tuant définitivement les maigres herbes jaunies qui tentent de pousser sur le terrain. De loin, nous les entendons crier, je suis tenté d'y faire un saut. Ils utilisent des balles de "softball", plus grosses et plus légères que celles du "baseball", pour ne pas "dégager" la balle trop loin quand même. De même que le "softball", ils envoient la balle par en dessous, pour faciliter la frappe du batteur et avoir un jeu plus attrayant.
Je connaissais déjà les règles pour y avoir joué pendant mon année aux Etats-Unis, cependant je vais quand même y apprendre des trucs... que je ne connaissais pas: par exemple... PARIER!

Le pari initial entre les deux équipes: Les affrontements amicaux entre les deux équipes se font en trois "innings", alors qu'un match normal est en 9 innings. Pendant un "inning" chaque équipe "batte" et "reçoit", et une équipe batte tant qu'elle n'a pas eu 3 joueurs éliminés. Je ne pourrais pas détailler les régles du baseball, ce serait trop long. Ce qu'il faut savoir c'est que là, chaque équipe donne une somme, pariant sur elle-même. Les deux équipes parient la même somme pour que le gagnant emporte la somme du perdant. Il y a 7 joueurs par équipe, chacun donne une somme d'argent comme il veut, il recevra un montant égale à son pari.
Une fois que les deux équipes sont d'accord, le match peu commencer.

Les paris "extérieurs": Pendant le match, les spectateurs aussi peuvent parier les uns contre les autres, par simple accord oral. Ils parient sur la performance du batteur, à chaque fois qu'un nouveau batteur s'approche de la "plate": ils crient "Voy a Hit para cien" (prononcer "boï a hi pa' cien") s'ils croient que le batteur va bien batter et atteindre la première base, ils parient pour 100 pesos; Ils crient "voy a Out para cinquenta" (prononcer "boï a a-ou pa' cinquenta") s'ils pensent que le batteur va mal batter et qu'il sera expulsé du jeu ("strike out").
C'est un spectacle très amusant à voir: ça crie dans tous les sens, à tel point qu'on dirait qu'ils se battent parfois, mais c'est toujours un jeu. Pas besoin de s'effrayer par les hurlements et les gestes démesurés, nous sommes en République Dominicaine, les gens sont tous sympa. Qu'est-ce qu'on a ri!

On s'installe à Samanà
- Dimanche 21 Avril - Nico


Samaná est une toute petite ville sur une péninsule au Nord-Est de l'île. La position est stratégique car les plages aux alentours sont parait-il, magnifiques. Nous n'avons pas vraiment d'idée pour nous loger alors nous discutons avec les gens dans la rue. Les hôtels sont chers, et rapidement nous visitons des maisons familiales que les locaux souhaitent nous sous-louer. En négociant longtemps et en mettant en concurrence deux choix, nous trouvons un "deux chambres, salle de bain" pour 11 nuits à 68 euros !!!
Il nous manque encore un moyen de transport, et ici le meilleur, c'est la moto. A Samanà tout le monde se déplace en moto, les "motoconcheros" proposent à tous les piétons de les avancer pour une petite pièce. Nous discutons avec eux pour en louer une, une dizaine de jours. Un bref calcul de notre budget ne nous permet pas de dépenser trop. On annonce le prix 54 euros pour 10 jours, on n'en bougera pas. Il faut encore chercher quelques heures pour trouver une 115 cm3 que nous négocierons à notre prix.

Parfait nous avons une maison et une moto, il nous reste de l'argent pour manger, nous allons pouvoir visiter toute la région, voir plein de plages... une belle perspective !

Mythique Cigare - Dimanche 21 Avril - Cyril


La République Dominicaine produit de très bons cigares. Ça doit être pour l'exportation car les locaux n'en fument pas tant que ça. Nous ne sommes pas de grands fumeurs mais de temps en temps... en plus, étant dans le pays, nous devons goûter puisque nous y sommes: c'est comme boire un p'tit whisky en Ecosse ou une Caïpirinha au Brésil.
En général je suis partisan de tout essayer, avec modération et dans les limites du raisonnable, bien sûr. Je dirais même plus: "si c'est local, c'est génial!"... et j'essaie. Il n’y a pas de mal à avoir quelques petits vices, alors je me laisse tenter de temps en temps. (Mam' tu vois ce que je veux dire, tu me connais, ne t'inquiète pas! ah ah ah)

Nous voici donc avec un gros cigare chacun (un vrai barreau de chaise), qu'Eddy nous avait offert (cf. article "super rencontre à l'aéroport"). Nous l'avions mis de côté jusqu'à un moment mythique que nous voulions avoir : ce soir, je crois que c'est bon. Nous laissons notre hôtel pour nous aventurer dans Samanà, direction la mer. Nous marchons environ 20 minutes lorsqu'il commence à pleuvoir des gouttelettes.
Nous cherchons un abri : le pont qui relie une petite île nous semble parfait, il est escaladable par le dessous. Nous sommes en même temps au dessus de l'eau (la mer) et en dessous (la pluie), mais bien à l'abris. La pluie augmente et se fait très forte: c'est le moment d'allumer l'engin. Nous sommes bien restés 45 minutes sous la tempête à savourer ce cigare. Finalement, on voit que la pluie ne s'arrêtera pas, on doit rentrer, on y va quand même. Tant pis, on sera mouillés, c'est tout. Ça sèchera!
Nous nous sommes pris des litres et des litres d'eau sur la tête, TROP sympa. Quelle soirée inoubliable!

Les plages magnifiques - Mardi 23 Avril - Nico


Les touristes connaissent surtout la République Dominicaine pour ses plages des rêve. Alors, allons voir ce trésor que tous les catalogues du Club Med montrent en photo.
Nous y voilà, sable blanc, mer turquoise, cocotiers... c'est vrai que c'est magnifique. Vite on se baigne, quel plaisir ! On resterait des heures, l'eau est si bonne. On sort, on lit une demi-heure à l'ombre des cocotiers et on remonte sur la moto pour aller voir une autre plage. Personnellement, je ne sais pas rester des heures sur une plage à ne rien faire. J'aime aller nager, profiter de l'eau transparente et de la beauté du paysage, mais je suis prêt à changer de plage toutes les heures !!! Comme dirait Cyril, le pire qu'il puisse nous arriver, c'est de retourner deux fois sur la même. C'est incroyable le nombre de plages qu'il y a. Souvent nous sommes les seuls, ça donne une impression de paradis. Qui n'a jamais rêvé de se retrouver ici, seul ?

Les balades en moto
- Samedi 27 Avril - Cyril


J'avais déjà loué une moto lors de mon voyage au Viet-Nam et j'en avais gardé tellement un bon souvenir que nous avons sauté sur l'occasion ici lorsqu'elle s'est présentée. Nous sommes dorénavant libres de visiter les endroits de rêve, à notre rythme surtout. La moto a un peu de kilomètres dans les roues, mais elle roule plutôt bien et est suffisamment puissante pour nous emmener à deux, donc ça nous va.

En général, nous partons le matin vers 9h00-9h30, une nouvelle direction à chaque fois. Nous faisons environ une à deux heures de route en faisant des arrêts quand on veut, pour nous baigner principalement.

Parfois aussi nous nous arrêtons pour discuter avec les gens, pour se prendre un "Coke" ou un sandwich, pour observer un cochon au milieu des palmiers, pour casser une noix de coco... pour redémarrer parce que j'ai calé... ah ah ah. Ayant repéré les meilleures plages, nous revenons vers Samanà encore plus lentement ; prenant un bain à chaque fois qu'on a trop chaud. La moto nous donne un sentiment de liberté incroyable.
La bécane n'est pas vraiment faite pour les chemins qu'on utilise, mais en forçant un peu ça passe quand même. Elle tiendra jusqu'au bout, comme une vraie tout-terrain. Ce qui est vraiment sympa est d'en faire ici, les gens sont réglos, pas besoin de cadenas: on la laisse partout sans soucis. Retour à la maison pour une bonne douche (quand il y a de l'eau). Puis on reprend encore la moto pour se balader de nuit. 10 jours de rêve! A faire et à re-faire.

Ils dansent à la messe - Dimanche 28 Avril - Nico


Dimanche matin c'est la Messe à Samanà et tout le monde est forcé de le savoir !!! A huit heures et demie, le chant d'entrée raisonne tellement fort dans tout le quartier que tous ceux qui passent dans le coin ne peuvent faire autrement que de s'approcher de la porte d'entrée grande ouverte.
A l'intérieur, rien ne ressemble aux messes de chez nous. Les hommes en chemises blanches sont à droite et les femmes à gauche. Le chanteur hurle dans le micro amplifié par de gigantesques enceintes, le guitariste se déchaîne alors que les cymbales donnent le rythme pour que toute l'assemblée tape dans les mains. C'est incroyable, les gens dansent la salsa dans l'église.

Tous les autres chants sont ainsi l'occasion de danser, de frapper des mains. L'homélie se résume à mettre en garde les fidèles contre les média nord-américains qui manipulent les discours du pape. Le prêtre crie dans son micro alors que l'assemblée entière semble pendue à ses lèvres.
Je suis le seul blanc dans cette église pleine à craquer et je dois dire que je suis impressionné. J'ai peur de passer pour une "bête curieuse"... Au moment de l'échange du geste de paix, je sers timidement la main de ma voisine qui me saute dans les bras pour m'embrasser. Pendant plus de 10 minutes dans la musique, tout le monde s'embrasse, c'est la fête, plus personne n'est à sa place. Les gens traversent l'église pour venir m'embrasser !
A la sortie, les gens continuent de danser dans la rue, c'est vraiment amusant.

Combats de coqs - Dimanche 28 Avril - Cyril


Depuis que nous sommes en République Dominicaine je voulais voir des combats de coqs. Des poules, nous savions qu'il y en avait sur l'île depuis belle lurette.

Raison 1: nous mangeons du poulet midi et soir (avec du riz et des haricots... comme d'hab'). Ça reste trop bon, on ne s'en lasse pas. Bien grillé... un délice.

Raison 2: En moto, nous avons évité des 10aines de poules qui traversaient juste devant nous en caquetant et en battant des ailes. Une question reste toujours non résolue: pourquoi "devant"?

Raison 3: Tous les matins nous nous faisons réveiller par les chants des coqs. Peut-on encore appeler ça des chants? Il ne se passe pas deux secondes sans qu'un d'entre eux réponde à son voisin à tue-tête... si fort que l'on doive dormir avec des bouchons dans les oreilles... En plus, c'est à n'y rien comprendre, les coqs dominicains chantent (hurlent ??) jusqu'à 22h30 (si, si... du soir), et reprennent à 2h30 (si, si... du matin), encore de plus belle...

Bref, bref, bref... Certains ne vont pas aimer le fait que nous soyons allés voir ces combats. Je pense que c'est comme la chasse ou les corridas de taureaux... les combats de coqs sont très discutables et sont matière à polémiquer. Je m’en tiendrai donc à les décrire, sans essayer de vous convaincre surtout.

Les combats de coqs ont été -soit disant- introduits par les français (sud de la France) en République Dominicaine. C'est ce que nous a dit l'arbitre officiel, très coopératif (comme chacun des dominicains que nous avons rencontrés là-bas, d'ailleurs) pour nous expliquer toutes les règles des combats.
Vers 14h30, les gens arrivent avec leurs coqs. Ils sont entraînés physiquement pour se battre (musculation, nutrition très vitaminée...), mais ils sont ainsi combatifs de nature, leur caractère est ainsi. Un peu comme un "Toro bravo" ou un "poisson combattant". Leurs plumes sont taillées, parfois même rasées (autours des pattes).

Les coqs sont comparés physiquement pour qu'il n'y ait pas de désavantage: deux coqs du même poids et de la même taille pourront se battre... si les propriétaires ont réussi à se mettre d'accord (ce qui est assez long en général).
La durée du combat peut varier puisqu'il faut qu'un des coqs soit clairement vainqueur, sans équivoque entre les deux: la fin du combat est donc généralement la mort d'un des deux coqs. Quoi qu'il arrive, le combat ne peux pas dépasser les 20 minutes, montre en main. Parfois les combats ne durent que 2 minutes: les coqs sont "armés" d'ergots en plastique (attachés sur leurs pattes avec de la cire et des bandages) qui peuvent tuer l'adversaire rapidement si le coup est bien placé.
D'abord les coqs s'attrapent le cou ou la tête avec le bec, puis ils sautent en battant des ailes, donnant de furieux coup de pattes. C'est vraiment impressionnant! Impressionnants aussi sont les gens qui crient autour, défendant le coq sur lequel ils ont parié.

La fin de l'après-midi arrive, il est déjà 18h00. Vite, on saute sur la moto, on a encore le temps de prendre un dernier bain.



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