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Premier
jour dans la jungle
- Jeudi 11 Avril - Nico

Nous
partons pour trois jours en pleine jungle ! Je suis tout excité,
j'ai toujours rêvé de connaître cette forêt gigantesque
qui a vu grandir Mowgli et Tarzan... Tous mes amis de Lille avec qui je
suis allé plusieurs fois dormir en forêt pour le plaisir
me comprendront, je trépigne dans le 4x4 qui nous emmène
à Hola Vida !
Nous
voici maintenant prêts à nous enfoncer dans la forêt.
Nous avons laissé nos sacs à dos dans la cabane où
nous dormirons cette nuit, nous avons changé notre short en pantalon
pour nous protéger des insectes et nous nous sommes enduits d'anti-moustique.
Luis, notre guide nous peint la figure à la manière des
indigènes avec un fruit colorant en rouge, et nous partons à
l'aventure. Notre objectif est la cascada escondida... la cascade cachée.
Luis
a vraiment le don de nous mettre dans l'ambiance. Sur le chemin nous nous
arrêtons sans cesse pour goûter à tous les fruits sauvages
que nous rencontrons. "Chupa !", nous dira-t-il à chaque
fois ; il faut sucer mais pas avaler. Ainsi nous suçons une quantité
incroyable de fruits, c'est très drôle.
Avec son couteau ultra tranchant, il nous ouvre le chemin, il nous libère
des lianes pour que nous puissions jouer à Tarzan, il nous tresse
des ceintures de plantes comme pour habiller les indigènes. On
ne sait plus trop si on est dans le livre de la jungle ou dans Indiana
Jones, mais on se sent vraiment petits dans cette végétation
si imposante. La moindre feuille est gigantesque, on ne voit plus le ciel
tellement les arbres sont denses et enrobés de lianes dans tous
les sens.
Pendant plusieurs heures nous avançons ainsi en pleine forêt
vierge. Attention à la descente, ça glisse. Il faut se cramponner
aux lianes, aux branches pour ne pas dévaler la pente. Nous n'échapperons
pas aux toiles d'araignées et aux insectes tous plus impressionnants
les uns que les autres.
Là je suis vraiment heureux, Luis nous conduit carrément
à travers la jungle telle que j'en ai toujours rêvé
; jamais nous n'aurions pu aller aussi loin sans lui et son grand couteau.
Bientôt,
nous arrivons devant un ruisseau. Il faut le traverser une fois, deux
fois... oups je glisse, les deux pieds dans l'eau ! Peu importe, maintenant
nous marchons carrément dans l'eau jusqu'à la taille. C'est
le seul moyen d'arriver jusqu'à la cascade. Nous changeons notre
pantalon trempé pour notre maillot de bain car maintenant il faut
nager.
Au dernier moment, nous découvrons la cascade cachée qui
se jette dans une piscine naturelle en plein milieu de la forêt.
C'est magnifique. Nous resterons une demi-heure à nous baigner,
quel plaisir !!!
Maintenant il faut rentrer ; heureusement, Luis connaît un chemin
beaucoup plus rapide.
Sur le chemin du retour, nous rencontrerons un habitant de la forêt,
qui nous offrira des cannes à sucre que nous dévorons à
grands coups de dents ainsi que d'autres fruits sauvages dont j'ai oublié
les noms.
"La noche en la selva": la nuit dans la jungle - Jeudi 11
Avril - Cyril

Première
nuit dans la jungle: nous sommes installés dans une cabane locale,
une espèce de hutte en bois, au toit de feuilles. C'est basique
(la nuit nous coûte 2 dollars!) mais c'est ce que l'on voulait,
nous sommes trop bien.
La
première chose qui m'a marqué dans la jungle sont les bruits
des insectes (los "bichos"). Eh ben, figurez vous que la nuit
ils continuent ceux-là!! Le temps est couvert, il pleut depuis
2 heures. La nuit est très noire, nous ne voyons pas à 5
mètres.
Nous sommes tranquillement installés, en train de lire à
la lumière tremblante de la bougie. Nous avons les pieds sous les
couvertures, les moustiques et papillons de nuit commencent à rappliquer
en force, attirés par la lumière. Pas de fenêtre,
juste des trous dans les murs de paille qui nous donnent un peu de fraicheur,
après la journée chaude et humide.
Nous
nous sommes changés après notre bain dans la rivière
à côté du camp, troquant nos pantalons sales et mouillés
par d'autres propres et secs. Nous sommes tranquilles jusqu'à ce
que nous devions mettre la moustiquaire. Nous essayons de la mettre le
mieux possible pour qu'elle ne nous touche pas la peau, les moustiques
(ils faut voir les monstres) peuvent piquer à travers la protection.
Nous redoutons le moment où, vers 4 heures du mat', il faudra se
lever pour aller dehors (du haut de l'échelle ça suffit)
pour se soulager. On le fera en un temps record, on a trop peur des "bichos"
de la jungle.
Le matin nous nous levons, réveillés par le chant du coq
et le soleil qui tape. Une autre journée géniale nous attends,
j'adore ces matins là!
La pluie: quel plaisir ! - Jeudi 11 Avril - Cyril

N'aimez vous pas ces moment où vous êtes au chaud et qu'il
pleut dehors?
Dans mon cas et idéalement: près d'un feu de cheminée,
avec une musique de fond sympa, un chien dans les pieds, un verre de Whisky
(pure malt bien sûr) posé sur la table basse et un bon livre
dans les mains... Moi j'adore! Ici j'ai eu la version "de la jungle",
trop sympa. Comme je l'ai appréciée!
Vers 16h00 les premières gouttes d'eau commencent à tomber.
Nous savions qu'il allait pleuvoir depuis deux bonnes heures, les grondements
de tonnerre répétitifs et les nuages plus "noirs que
noir" nous l'avaient très clairement fait comprendre. De plus,
il a fait tellement humide toute la journée qu'il fallait que les
nuages chargés d'eau crèvent.
Il fallait que ça pète, on le savait. Pas besoin d'être
indien de la jungle équatorienne pour savoir ça, moi qui
suis du Nord de la France je l'avais vu tout seul! Ah ah ah!
Bref,
nous voilà abrités dans notre hutte locale. Enfin, abrités,
on espère: nous voyons des trous dans le plafond fait de couches
de feuilles. Après 5 minutes nous savons où tombent les
gouttes, nous mettons les lits aux bons endroits et voilà: faut
pas se trouver des problèmes où y'en a pas!!
Revenons à la pluie de la jungle. D'abord de grosses gouttes, bien
lourdes, puis le déluge, puis doucement, puis le déluge,
puis doucement... L'intensité change, le seul truc qui est sûr
est qu'il pleuvra jusqu'à demain matin. Yeeeessss!! ou plutôt
Siiii! Je vais trop bien dormir, bercé par les cliquetis de l'eau.
En attendant, je regarde la pluie qui tombe, comme si je ne l'avais jamais
vu tomber. Fantastique! Je m'allume une petite pipe, que j'ai prise pour
des moments comme ça. Je la fume très peu et l'apprécie
à chaque fois, je crois même me souvenir de chaque moment
où je l'ai fumée pendant ce tour du monde, tellement c'étaient
des moments "mythiques" comme dirait Nic'.
Les éclairs sont très fréquents, ils illuminent la
nuit noire, laissant deviner les grands arbres qui dépassent des
autres. Nous éteignons les bougies, nous sommes allongés
dans le lit, sous la moustiquaire. Pendant une dizaine de minute je lutte
contre le sommeil pour profiter de ce moment inoubliable. Finalement je
capitule sans m'en apercevoir. Je suis vraiment crevé. Ce soir
là, je me suis endormi avec un sourire aux lèvres.
Deuxième jour dans la jungle, rencontre d'un peuple Quichua
- Vendredi 12 Avril - Nico

L'objectif
d'aujourd'hui est de rejoindre un village d'indigènes en pleine
forêt. A la différence du Pérou et de la Bolivie,
leur langue est le Quichua (et non le Quechua). Même si aujourd'hui,
de nombreuses familles portent des vêtements et marchent de temps
en temps avec des chaussures, les Quichuas vivent depuis toujours dans
cette forêt et la connaissent parfaitement. Aujourd'hui Luis, qui
parle leur langue et les connait très bien, va nous montrer toutes
les plantes en nous expliquant comment on peut les utiliser pour guérir
chaque maladie. Jamais ces gens là ne voient un docteur et ils
se portent très bien.
Le matin, nous quittons donc notre cabane à Hola vida pour aller
d'abord à la cascade d'hola vida. C'est reparti, pantalons à
peine secs depuis la veille, chaussures encore humides, même T-shirts
qu'hier déjà super sales, nous nous enfonçons de
nouveau dans la forêt. Les insectes sont toujours là, les
toiles d'araignées encore mouillées brillent et les papillons
gigantesques et de toutes les couleurs nous suivent.
Par moment, nous nous arrêtons pour écouter les singes et
les oiseaux qui se cachent pour qu'on ne les voie pas. Luis nous montre
des empreintes d'un petit tigre (ocelot), des fruits mangés par
les singes nocturnes et comme hier nous continuons de sucer tous les fruits
que notre guide nous ouvre ; "Chupa, chupa...".
Cette
fois ci, nous n'avons pas à marcher dans l'eau, par contre nous
continuons à nous balancer dans les lianes et à grimper
aux arbres ; Cyril adore ça.
Arrivés
à la cascade, nous nous mettons en maillot de bain et nous sautons
à l'eau. Impossible de rester sous la douche car l'eau qui tombe
de trente mètres de haut fait trop mal, mais nous restons une demi-heure
encore à nager dans la piscine qu'elle a creusée. Après
cela nous grimpons pour rejoindre le sommet de la cascade et nous nous
penchons prudemment pour regarder la chute vue de haut ; c'est impressionnant.
Nous nous enfonçons un peu plus dans la forêt, jusqu'à
un pont de bois perché dans les arbres qui nous permettra de voir
la forêt à 20 mètres au dessus du sol. Il faut avancer
doucement car il n'y a pas de barrières et tout balance dès
que l'on marche dessus.
L'après
midi, nous arrivons enfin au village. Il est tout petit, il n'y a que
trois familles qui y vivent, mais les maison sont typiques en bois et
en feuilles séchées pour les toits. Nous pourrons parler
avec une mère de famille, Elle nous montrera son artisanat, nous
expliquera comment elle fait sa vaisselle en terre glaise.
Luis nous explique comment ils utilisent des plantes halucinogènes
pour soigner la douleur. Ils associent les effets de ces drogues à
des croyances étranges.
Plus tard, nous essayons une sarbacane avec de très fines flèches
en bois. Nous nous amusons à transpercer un fruit à une
dizaine de mètres. Je crois qu'on aurait besoin d'entrainement
avant de pouvoir chasser avec, mais nous nous sommes bien amusés.
Le coup du briquet! - Vendredi 12 Avril - Cyril

Comme vous avez pu le lire dans les articles précédents,
nous nous sommes éclairés avec des bougies dans les huttes
dans lesquelles nous dormions.
Le deuxième soir, nous avions le guide Luis et moi éteint
les bougies, dans l'espoir de dormir. Nic' continuait à lire son
bouquin en espagnol. Au bout de 5 minutes nous n'arrivons pas à
trouver le sommeil et je rallume ma bougie. Luis veut faire pareil, il
me demande mon briquet. Et là, on a halluciné, vraiment!
Il
commence à prendre le briquet à deux mains. Avec une main
il le tenait et avec un doigt de l'autre il faisait tourner la roulette,
produisant des étincelles. Rien que des étincelles. Il ne
savait pas se servir d'un briquet!
Incroyable mais vrai. Je lui explique, à travers la moustiquaire,
qu'il faut appuyer sur la languette du gaz pendant longtemps après
avoir fait tourner la roulette, et ce avec le pouce, tenant le briquet
dans une seule main. Il essaye, réussit à avoir la flamme.
Le plus drôle arrive: il était allongé dans son lit,
essayant d'allumer la bougie à droite de son lit, tenant le briquet
dans la main gauche. Imaginez vous la scène: il a réussi
à se brûler!! ah ah ah. Qu'est ce qu'on a ri!
Troisième jour de Jungle, en pirogue sur la rivière
- Samedi 13 Avril - Nico

Nous
avons dormi dans une cabane au bord d'une rivière et ce matin,
nous allons descendre cette rivière en pirogue. Mythique !
Cette fois c'est à Tintin dans "l'Oreille Cassée"
que nous jouons. Le propriétaire du bateau monte à l'arrière,
il nous guidera avec sa pagaie. A droite et à gauche il n'y a que
la forêt vierge, de temps en temps on distingue des cabanes d'indigènes,
nous sommes en plein coeur de la jungle équatorienne sur une pirogue
un peu instable, c'est vraiment mythique.
Attention,
un rapide ! surtout il ne faut pas bouger pour ne pas tout déséquilibrer.
Les vagues passent par dessus bord et maintenant nous avons les fesses
et les pieds dans l'eau. Cyril écope un petit peu avant le deuxième
rapide... Une demi-heure plus tard, nous nous arrêtons pour poursuivre
à pieds jusqu'au mirador. En effet nous montons jusqu'à
un point de vue magnifique sur la forêt et la rivière.
Luis connait une petite cascade à une heure de marche où
nous pourrons de nouveau nous baigner.
Très
bonne idée, nous le suivons sur un chemin que nous ne tarderons
pas de perdre pour nous retrouver une fois de plus en pleine forêt
vierge, on ne s'en lasse pas, tout est grand, étrange, la nature
est vraiment plus forte que nous ! Nous aurons l'occasion de sucer d'autres
fruits avant d'arriver à la cascade.
Nous nous baignons, nous nous enduisons de terre car Luis nous explique
que les indigènes le font pour se laver. Au moment de sortir, nous
nous apercevons que Cyril et moi avons des petits vers sur le corps. Ce
sont des petites sangsues, aïe... on s'inspecte bien pour qu'il n'en
reste plus avant de se rhabiller et repartir.
Nous rejoignons le mirador. Une heure plus tard un bus viendra nous y
chercher pour nous ramener en ville. C'est la fin de notre séjour
dans la jungle. Quelle expérience !

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