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Uros:
les îles Flottantes du Lac Titicaca - Vendredi 22 Mars
Cyril

Nous
sommes à Puno, la ville la plus proche du lac Titicaca du côté
Péruvien.
Nous avons fait le trajet depuis La Paz ... en bus, comme d'habitude,
en traversant la frontière à Desaguadero. Notre plan original
était de visiter le lac Titicaca d'abord du côté Bolivien
en visitant l'île de soleil ("Isla del sol"), mais finalement
nous préférons visiter tranquillement les îles péruviennes,
et en particulier les "îles Uros". Ces îles sont
aussi appelées "les îles flottantes", laissez moi
vous expliquer pourquoi.
En fait, la raison principale s'appelle "Totora". La totora
est une plante aquatique que l'on trouve sur le lac Titicaca (prononcer
"titi-gâ-gâ). Elle pousse environ à un mètre
sous le niveau de l'eau. Ses racines s'entrelassent de telle manière
qu'elles n'aient pas besoin de toucher le fond du lac, dont la profondeur
varie entre 10 et 15 mètres sur cette partie du lac. Les habitants
des îles flottantes, pêcheurs et chasseurs à temps
plein, coupent des carrés de 10 m x 10 m de ces racines, qui remontent
à la surface une fois mortes. Ces "radeaux" de racines
sont alors la base des îles flottantes. Les habitants les ancrent
avec de grandes perches plantées dans le fond du lac, puis commencent
à recouvrir la surface de couches de tortora coupée à
d'autres endroits du lac. C'est vraiment sympa de se balader sur ce sol
qui semble de mousse! Ensuite, ils y construisent leurs maisons ... de
tortora.
Pour
se déplacer, ils construisent aussi des bâteaux ... de tortora.
Etant donné qui'ils ne peuvent rien faire pousser sur les îles,
ils ont comme seule verdure ... de la tortora (nous l'avons goûté,
pas excellent excellent). Pour compléter leur alimentation, ils
réalisent encore du troc avec Puno.
Ainsi ils vivent en permanence sur ces îles. Tous les 20 ou 30 jours,
ils doivent remettre une couche de tortora sur la surface entière
des îles, car la plante pourrit et surtout l'île s'enfonce
dans l'eau. Au boût de 15 à 20 ans, les îles "flottantes"
cessent d'être "flottantes". L'île principale est
ainsi. Les maisons en dur (bois ou béton) ont remplacé les
légères maisons de paille. On y trouve un hôpital,
des écoles, des hôtels, ... un terrain de foot. Les maisons
sont équipées de la télé satellite et de systèmes
de sono. On trouve de tout derrière ces murs de paille, remplacés
tous les deux ans. Le toit doit être refait tous les ans, pour qu'il
garde son étanchéité.
Petites
précisions sur les embarcadères qu'ils construisent: elles
ont une tête de "Puma". Le puma est un animal sacré
pour les Incas (avec le lama et le condor). Dans "Titicaca",
"gâ-gâ" signifie "puma", en Aymara (la
deuxième langue traditionnelle avec le Quechua). En regardant attentivement
la forme du lac, on pourrait même imaginer un puma attrapant un
lapin (ah ah ah). Ces bâteaux durent environ 6 mois et peuvent embarquer
environ une 10aine de personnes. Nous avons vu la construction d'un d'entre
eux: en rajoutant des couches de baches de plastique, les bâteaux
durent maintenant plus d'un an.
Même si l'endroit est devenu un passage de tous les touristes, il
reste magique car unique et vaut certainement le détour.
Vivre la vie des habitants d'Amantani - Vendredi 22 Mars Nico

Nous
continuons notre route sur le lac Titicaca et trois heures de bateau après
les îles flottantes nous débarquons sur Amantani. Cette île
ne parait pas très grande, pourtant elle s'élève
à 300 mètres au dessus du niveau de l'eau. La couleur verte
dominante et les terrasses de pierres lui donnent un air magique, le temps
est magnifique, j'ai l'impression d'arriver au Paradis. A la sortie du
bateau, des mères de famille nous attendent ; toutes dans leurs
habits traditionnels, elles filent la laine à la main, la pelote
sous le bras.
Nous sommes 12 "gringos" à repartir dans les familles
d'Amantani, Cyril et moi irons chez Jose Mamani. Après 10 minutes
de marche, nous découvrons sa maison, entièrement fabriquée
à la main, avec les pierres de l'ile et le bois du jardin (Eucalyptus).
Jose a 4 filles et vit avec sa femme depuis toujours sur Amantani. Leur
langue est le Quecha, mais nous avons de la chance, les enfants apprennent
l'espagnol à l'école et Jose se débrouille suffisamment
bien pour que nous puissions nous raconter nos vies respectives.
Ici
il n'y a pas d'éléctricité, Cyril est curieux de
voir comment la mère de famille va nous préparer à
manger. Nous laissons notre sac sur le lit en bois d'Eucalyptus et nous
entrons dans la minuscule cuisine. Je me plie en deux pour passer la porte
et découvre deux bancs en terre et un feu de bois sur lequel deux
casseroles mijotent déjà. Cyril prend un couteau et épeluche
les pommes de terre avec une des filles de la famille qui s'avèrera
bien plus rapide que lui à cet ouvrage. Nous en profiterons surtout
pour faire connaissance et nous informer sur les coutumes de vie à
Amantani. Ensuite nous dégusterons soupe, riz et pommes de terre
frites avant de rejoindre notre guide pour les explications sur l'ile,
religions et croyances. Nous monterons sur l'un des deux sommets d'Amantani
sur lequel domine le temple de la mère nature, le Pacha Mama.
L'enseignement des Incas - Vendredi 22 Mars - Cyril

"Paccha
Mama" signifie "Terre Mère" en Quechua. Tout ce
dont nous avons besoin nous est offert par la "terre mère".
Il faut en conséquence la respecter et la protéger (Les
Quechuas croient aussi en "Inti", le Soleil).
Paccha
Mama enseigne à suivre les trois actions suivantes: "AYUDAR,
CONOCER, AMARSE" ("Aider, connaître et s'aimer). Nous
avons vu le premier des trois en pratique: les gens de l'île d'Amantani
aident toujours leur voisin (récolte de pommes de terre, retourner
un champ...), sans demander rien en échange. Plus tard l'ami lui
rendra le service quand il en aura besoin.
D'autre part, l'enseignement Inca leur a laissé trois pensées:
"AMA KELLY, AMA LLULLA, AMA SUA". En Quechua cela signifie:
"Ne soit pas paresseux, ne ment pas, ne vole pas". C'est la
seule loi (elle n'est qu'orale) qui existe sur Amantani, elle est respectée
par tous.
On a mangé du cochon d'Inde ! - Vendredi 22 Mars Nico

A
part les quelques poules qui pondent les oeufs, les moutons qui fournissent
la laine et les ânes qui aident au transport des choses lourdes,
la seule viande disponible sur l'île est le cochon d'inde. La famille
Mamani achète donc un cochon d'inde à un voisin pour nous
faire goûter cet animal que nous ne connaissions que domestique
!
Le soir, à la lueur de la bougie, nous voyons donc chacun dans
nos assiettes un demi cochon d'inde. Cyril a l'avant, j'ai l'arrière
! Tout se mange, nous assure José, même la peau. Par politesse,
nous faisons semblant de nous régaler, mais il faut dire que nous
avons l'impression de manger du rat. Ainsi ouvert en deux, les pattes
écartées, notre animal a tout l'air d'un rat mort que nous
serions en train de disséquer... Heureusement que la bougie ne
nous permet pas de tout examiner de près ce que nous mangeons.
Au final, nous pouvons dire que la viande est mangeable même si
elle n'est pas excellente (nous n'avons vraiment pas trouvé d'équivalent
pour comparaison), mais il y a beaucoup de petits os et pas mal de gras.
Je crois que ça ne vaut pas le coup de tuer votre petit cochon
d'inde pour goûter ; par contre, venez à Amantani pour essayer,
je peux vous dire qu'avec Cyril on en a bien rigolé !
Comment fait-on la fête le soir à Amantani ? - Vendredi
22 Mars Nico

Nous
avons rendez-vous ce soir à la discothèque d'Amantani...
Une discothèque à Amantani... alors que nous n'avons pas
vu l'ombre de la modernité ici ? Mais attention, il ne s'agit en
rien des discothèques que nous connaissons. On nous a fait une
surprise ; l'école, en pierre, nous abritera pour la soirée,
la musique sera jouée par un groupe de flutes de pan, flutes traditionnelles
et guitare locale, et nous devrons nous vêtir d'un poncho et d'un
bonnet péruvien pour y entrer. C'est encore l'occasion de rire
en nous voyant décorés ainsi.
Une
dizaine de filles du village sont venues pour danser avec nous et dès
la première note de musique il y en a une qui se dirige vers moi
pour m'inviter. Oups, je ne sais pas danser ça moi... pourvu qu'on
invite aussi Cyril... ah oui il y a aussi droit, cool, on va rigoler !
En effet, en nous laissant guider par nos charmantes amantaniennes, notre
danse se limite à un mouvement de balancier des deux bras au rythme
de la musique.
Très vite ce mouvement de répétition divient risible
et nous nous mettons à guider la danse proposant quelques variantes
amusantes qui provoque des éclats de rire chez nos partenaires.
Nous sommes partis pour faire les idiots toute la soirée en dansant
dans nos costumes de circonstance. A cette altitude, pourtant, nous sommes
vite fatigués, nous ressortons donc épuisés quelques
heures plus tard. Ce fut une soirée vraiment sympathique et amusante,
on s'en rappelera.
Les meilleures 24 heures - Samedi 23 Mars Nico

Le
matin, nos amis "gringos" reprennent le bateau pour la suite
du tour ; ils vont visiter l'île de Taquile et rentrer à
Puno en fin d'après midi. Nous par contre, nous souhaitons vivre
quelque chose de mieux, de moins touristique, une expérience beaucoup
plus riche. Nous les laissons donc partir et nous restons 24 heures de
plus dans notre famille. A cette heure-ci, il n'y a donc plus aucun touriste
sur l'île... nous partons nous promener. Nous découvrons
vite une petite crique splendide. Une plage de rêve rien que pour
nous. Nous nous baignons... non, l'eau du lac, même à 3800
mètres, n'est pas si froide (pas plus que le pacifique à
Santiago en tout cas).
L'après midi, nous montons au Paccha Tata, le temple qui se trouve
sur l'autre sommet d'Amantani. Nous aprécions d'autant plus d'être
seuls parmi les habitants de l'île. Le paysage des cultures en terrasse
nous enchante, si bien que nous courons de part et d'autre à la
recherche des meilleurs points de vue.
Nous en profitons pour parler avec les paysans qui ramassent les pommes
de terre à la main dans leur champ et nous nous retrouvons vite
en train de les aider. C'est un travail épuisant pour le dos. Voilà
une autre expérience magnifique, nous aidons la famille à
charger l'âne et nous porterons le reste des pommes de terre sur
notre dos, jusqu'au village de l'autre coté de l'île. Pendant
toute la descente, nous ne cesserons de poser des questions à Felix
que nous aidons et à répondre aux siennes sur Paris et la
France. C'est un échange passionnant qui se terminera autour d'une
bière chez lui auprès de son bébé d'une semaine.
Là encore nous avons vécu quelque chose d'unique. Sans ces
24 heures supplémentaires, nous n'aurions pas réellement
compris le travail des ces gens, nous n'aurions pas pu profiter des paysages
magnifiques de cette île. Nous ne serions même pas descendu
dans le village de Felix sur le versant opposé d'Amantani. Et enfin
cela nous a permis d'avoir une relation privilégiée avec
la famille Mamani dans laquelle nous avons vécu. Sincèrement
je crois qu'il ne nous oublieront pas de sitôt.
Taquile - Dimanche 24 Mars Cyril

Le
lendemain de notre jour "en plus" sur Amantani, nous rejoignons
un nouveau groupe.
En une heure, le bâteau arrive sur l'île de Taquile, qui tient
son nom d'un de ses propriétaire español, Jose Garcia Taquile.
La visite cette fois ci est trop touristique à notre goût.
Nous sommes trop nombreux pour apprécier les beautés de
l'île qui est plus organisée qu'Amantani, et le guide n'est
pas aussi bon que le notre d'avant-hier.
Tout tourne autour des "gringos", on veut rentrer. On profite
quand même du soleil et de l'Inca Cola (la boisson préférée
des Péruviens, avant le Coca-cola). Sur le bâteau du retour
vers Puno qui durera 3 heures, nous sympathiserons avec les autres voyageur:
échanges de bons plans et bonnes adresses, mise en garde (méfiance)
pour les entourloupes, blagues et rires...

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