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Et
vous, comment voyagerez-vous ?
- Samedi 16 Mars Cyril

Etant
donné que vous nous suivez assidûment, vous connaissez notre
manière de voyager: notre itinéraire est fixé, les
dates et les pays sont connus, les moyens de transports seront ce que
l'on trouvera sur place... Avant de partir, je me suis normalement tourné
vers cette forme de voyage, peut être par ma personnalité
un peu "planificatrice". En fait, je voulais vraiment "voyager
dans une aventure", et non "m'aventurer dans un voyage".
Pour cela, je voulais préparer au maximum le voyage, dans tous
les détails. Je suis très content de cette formule, elle
est bonne. Cependant, nous rencontrons d'autres voyageurs qui partent
dans des esprits différents, avec des formules tout aussi "appétissantes".
Voici quelques exemples, choisissez celle qui vous va le mieux pour votre
prochain "trip":
- D'abord au niveau de l'itinéraire, nous rencontrons beaucoup
de voyageurs qui n'ont rien de précis: ils arrivent à un
endroit et vont où le courant les emmènent. Certains font
des voyages qui durent des mois sans savoir où ils seront le jour
d'après...;
- Au niveau des dates, pareil! Certains voyageurs savent qu'ils
voyageront entre 4 et 6 mois mais ne savent pas quand ils finiront exactement...
Soit ils arrivent à une date butoir et rentrent, soit ils ne sont
plus motivés par le voyage et désirent rentrer, ... soit
ils sont à court d'argent. Nous avons rencontré un belge
flamand qui voyageait depuis... 5 ans!
- Lieux: Certains des voyageurs que nous avons rencontrés
évitaient rigoureusement d'utiliser les guides touristiques (parce
que trop lus par les touristes): un Suisse traçait sa route sur
une carte et suivait "son instinct". Il voulait garder la surprise
quoi qu'il arrive: que ce soit un patelin perdu ou une super attraction,
il était sûr d'être content...
- Les moyens de transport maintenant: Nous avons rencontré
des canadiens en moto, un brésilien en Pick-up 4x4, une famille
française en Land Rover (2 ans de voyage), un belge en vélo...
De notre côté, nous prenons essentiellement le bus comme
la plupart des "backpackers" (ou "mochileros")...
A vous le choix!! Il reste encore le bateau, l'avion, l'ULM, l'autostop,
le cheval, la nage, la montgolfière, les patins...
- Seul ou en équipe: Nico et moi avons décidé
de partir à deux, mais beaucoup aiment partir seuls. Il n'y a pas
tant de danger que ça, rassurez vous! Il suffit de savoir voyager,
ce qui s'apprend très rapidement! De toute façon, les gens
seuls rencontrent toujours d'autres voyageurs, ils ne sont jamais vraiment
"seuls". Voyager seul signifie être libre à 100%.
C'est une bonne solution, un jour j'essaierai, c'est sûr!
Fête traditionnelle à Tarabuco - Dimanche 17 Mars
Nico

Aujourd'hui,
pour la fête de l'indépendance de la Bolivie, nous allons
à Tarabuco.
C'est dans ce petit village, à deux heures de Sucre, que les festivités
seront les plus traditionnelles. Le Président Bolivien en personne
doit s'y rendre. Le matin, nous disposons d'un peu de temps pour nous
promener dans le marché et admirer les objets artisanaux.
Un peu plus loin le marché alimentaire est impressionnant. Depuis
que nous sommes en Bolivie, nous sommes habitués à voir
des étalages de fruits, légumes et viandes peu appétissants,
et pourtant nous restons épatés par celui de Tarabuco. Il
y a à peine la place de circuler entre les couvertures étalées
par terre, sur lesquelles sont posés des fruits, des épices
ou même des morceaux de viandes qu'on jurerait avariés. Un
peu plus loin, d'autres morceaux de viandes sont en train de frire dans
une huile répugnante qui empeste tous les alentours. Rien de tout
cela ne pourra nous tenter ne serait-ce qu'une seconde.
Bientôt
la fête en elle-même commence. Dans la rue, nous sommes aux
premières loges pour voir passer les centaines de Boliviens en
costumes traditionnels danser en tournant sur eux-même. Chacun porte
d'énormes sabots avec des symbales attachées aux talons
et rythme ainsi la danse par ses pas. Le "tchink-tchink" régulier
est la seule musique. En plus de cette fête, de ces danses et ces
costumes, nous sommes impressionnés par les boliviens venus voir
la fête.
Nous paraissons vraiment extraterrestres à coté des autochtones
dans leurs habits de tous les jours. Pourtant, nous avons beaucoup de
mal à les prendre en photo, car ils se cachent où nous demandent
de l'argent en échange. Après avoir goûté la
fameuse "chicha", alcool local obtenu par fermentation de maïs,
nous repartons en bus vers Sucre.
Sucre : empreintes de "dinos" dans une carrière en
activité - Lundi 18 Mars - Cyril et Nico

Tout
à fait par hasard, on nous propose d'aller visiter un site où
l'on peut y voir des empreintes de dinosaures...
Pourquoi pas ? C'est d'ailleurs un des rares endroits au monde où
il est encore possible d'assister à cela. En fait avec la formation
de la cordillière des andes, ce qui était un lac à
l'époque est aujourd'hui un mur presque vertical. Le site est en
effet impressionnant et on y distingue très nettement les pas de
plusieurs dinausaures de tailles différentes.
La visite guidée nous explique comment ils se déplaçaient
et comment on peut facilement les identifier à leurs empreintes.
Mon arrivée à La Paz - Mardi 19 Mars Cyril

Je
suis parti de Sucre le lundi soir. Après 12 heures de bus de nuit,
je décide d'arrêter d'essayer de dormir. J'ai eu trop froid
pendant toute la nuit, la prochaine fois je prendrai mon sac de couchage,
je serai mieux.
On apprends au fur à mesure à s'accommoder au bus de nuit
bolivien: on prends de l'eau, des snacks... Par contre, il faudra tout
simplement supporter les routes cabossées, y'a rien à faire.
Nous nous sommes arrêtés deux fois cette nuit. Une fois vers
22h00 pour prendre une soupe dans une pauvre taverne au milieu d'un "bled
paumé", sous la pluie. La deuxième fois, vers 3h00,
pour nous soulager. On croirait être dans le même bled, sous
la même pluie;
Il est maintenant 9 heures et il me reste encore deux heures de route.
Je glisse le rideau sur le côté, j'essuie la buée
de la vitre et je jette un il dehors. Pour l'instant, il n'y a encore
que des plaines humides à perte de vue, nous avons quitté
les montagnes pendant la nuit. Au fur et à mesure que le temps
passe et que nous nous rapprochons de La Paz, le paysage change. Les maisons
en briques de terre se font plus nombreuses. Chacune d'elle est entourée
d'un mur, toujours fait de briques de terre, pour délimiter sa
propriété. Au début ça paraît inutile,
car les maisons sont isolées au milieu des champs, mais ensuite
les murs se touchent. Toutes les quatre maisons environ, une rue est formée.
Une rue de terre. De boue plutôt, en ces temps où la pluie
n 'est pas rare.
Nous
arrivons sur La Paz par le haut, en passant par le Alto La Paz. Le spectacle
est désolant, on se croirait sur des terrains vagues laissés
à l'abandon. Pourtant il y a des habitants dans chaque maison,
les vieilles dames en habits traditionnels salis par la boue et les quelques
enfants en vélo en sont la preuve. De nombreux chiens errants,
plus laids les uns que les autres se promènent dans ces rues, à
la recherche d'un maigre repas. De vieilles usines paraissent abandonnées
tellement elles sont en mauvais état. Quelques voitures circulent,
on se demande comment. La route est toujours aussi droite, le paysage
change maintenant très peu, il est identique sur des kilomètres
et des kilomètres.
Je suis vraiment touché par cette misère et ces conditions
de vie. Dingue! Comment les gens vont-ils jusqu'à la ville, on
ne voit pas de bus circuler. Un terrain est recouvert de tonneaux. Je
me rends compte que c'est un terrain de foot: les poteaux des buts sans
filets qui sortent des tas de barils trahissent son ancien usage.
Puis nous atteignons les montagnes dont nous apercevions les sommets blancs
depuis longtemps. La montagne "Illimani" dépasse les
6000 mètres. Nous attaquons une courbe vers la droite, à
toute vitesse. Ce chauffeur m'a fait peur toute la nuit: il a foncé
comme un fou. Les freinages brusques, les accélérations
dans les virages, les grincements des pneus et les grondements du moteur
n'ont pas aidé à développer ma confiance envers ses
habilités de conducteur. Pas grave, dans quelques dizaines de minutes
nous arrivons. Ouf! Le virage que nous entamions nous emmène sur
une vallée.
Je découvre La Paz, incroyable. Les maisons sont déjà
mieux, elles sont en briques rouge, sortes de parpaings. Toutes les maisons
se ressemblent, aucune ne parait finie. Elles couvrent toutes les parois
de la vallée, nous nous enfonçons dans l'entonnoir. En effet,
nous descendons vers le centre de la ville, vers ces hauts édifices
qui caractérisent le centre des affaires. Les maisons rouges que
l'on voit de tous côtés sont construites pour être
pratiques, pour loger des habitants. Pas du tout pour être belles.
L'esthétique est inconnu au bataillon en Bolivie, on recherche
"l'utile et l'indispensable". Le beau ne sert à rien.
On se sent alors si loin de nos vies, nous sommes dans un autre monde.
Ca y est, nous sommes dans le terminal de bus. Après avoir "lu"
sur cette ville, "vu" cette ville de l'extérieur, je
vais l'explorer, de l'intérieur. C'est parti, courage!
La Paz - Mercredi 20 Mars Nico

Europ
Assistance, inquiète de mon état de santé a préféré
me payer l'avion pour rejoindre la Paz. Ainsi, j'ai découvert cette
gigantesque ville par le ciel et je dois dire que c'est impressionnant.
Nous n'avions vu jusqu'à présent que des villes de tailles
raisonnables en Bolivie, mais voilà que j'aperçois en pleine
montagne à 4000 mètres d'altitude, des maisons à
perte de vue depuis l'altiplano où j'atterris, jusque dans le fond
de la vallée.
Bien que la capitale officielle de la Bolivie soit Sucre (contrairement
à ce que disent nos cartes du monde), La Paz est le siège
du gouvernement et du président de la république. Surtout
c'est une ville beaucoup plus grande, pleine de ruelles qui montent et
qui descendent. Nous ne pourrons malheureusement pas rester longtemps
ici, mais je me souviendrai d'une ville folle et très animée.
Nous aurons l'occasion de passer au marché de la sorcellerie et
de nous étonner des foetus de lamas porte-bonheur et des milliers
de statuettes en tout genre.
La pauvreté en Bolivie - Mercredi 20 Mars Nico

Depuis
les premiers villages que nous avons rencontrés dans le sud de
la Bolivie, je me suis rendu compte de la pauvreté de ce pays.
Les paysages sont surprenants par leur grandeur et leur beauté,
mais la majeure partie du pays et à environ 4.000 mètres
d'altitude ce qui rend l'exploitation du territoire très difficile.
Les boliviens sont tous de couleur, ils sont originaires des incas et
autres tribus locales. La colonisation espagnole leur a peu permis d'évoluer,
beaucoup ont gardé leur langue originelle (le Quechua et le Aymara).
Dans les campagnes, la plupart des habitants sont illettrés, et
dans les villes, on voit fréquemment des gens avec des machines
à écrire qui se proposent de taper le courrier de ceux qui
ne savent pas le faire. A part les cyber-cafés qui se sont développés
avec le tourisme, aucune administration que nous avons visitée
dans le pays n'est informatisée. Les quelques télévisions
que nous avons vues ressemblent aux vieux postes de nos parents, rares
sont ceux qui reçoivent les chaines en clair.
Mais surtout, le plus frappant se croise dans la rue. Que ce soit à
Potosi, à Sucre ou ici à la Paz, les trottoirs abondent
de mendiants. Bien souvent ce sont des femmes, assises par terre avec
des enfants. Nous les voyons très souvent allaiter leurs bébés,
même si celui-ci est en âge de marcher.
Par ailleurs, où que nous allions, nous sommes assaillis par les
vendeurs de bracelets et bonnets boliviens qui n'ont que cela pour vivre.
Tous ces pauvres qui nous accostent à toute heure de la journée,
vivent souvent dans la rue. Un franc ou deux leur suffiraient pour manger
pour la journée. Le problème c'est que nous ne pouvons pas
donner d'argent ni acheter à tout le monde.
Ce qui m'est le plus désagréable ici, c'est le fait d'être
assailli à chaque coin de rue par des vendeurs ambulants. Bien
souvent ce sont de jeunes enfants qui insistent pendant plusieurs minutes
pour qu'on leur achète des bonbons, qu'on accepte de les laisser
cirer nos chaussures ou pour qu'on leur donne une pièce pour manger.
Ce qui me dérange, outre le fait de dire non, c'est que ces pauvres
deviennent dépendants des touristes.
Les boliviens croient que nous sommes richissimes, ce qui n'est pas vraiment
faux si on regarde le peu d'argent que certains possèdent, et deviennent
parfois désagréables si on ne leur donne pas d'argent...
Donner ou ne pas donner ? - Jeudi 21 Mars Cyril

C'est
vrai que ça part toujours d'un bon sentiment. Donner une pièce,
un bonbon, un stylo, une petite trousse, un échantillon de parfum,
une broche à cheveux, un poncho ou un parapluie... (quoi que ce
soit en fait) peut donner le sourire à un enfant, à un petit
vieux.
Sur le moment nous sommes très content de nous, nous avons amélioré
leur petite vie de misère, même si ce n'est que pour quelques
minutes; D'ailleurs, c'est normal, c'est un peu notre rôle de touriste
riche. Dans ces pays où notre pouvoir d'achat est décuplé,
il n'est pas dur de faire ces petits gestes.
Problème: Les enfants s'adaptent et comprennent vite le truc. D'ailleurs,
les adultes sont là pour les aider... Très vite, trop vite,
ils vont voir les touristes avec leur petite bouille sale et triste et
demandent. Plus que demander, ils supplient. Les vieux et les vieilles
aussi s'y mettent. C'est là que l'on se rend compte que les petits
bonbons et autres ont eu des effets non attendus et irréversibles:
ils ont transformé un peuple fier en mendiants. Les rapports avec
les gens sont différents, le voyageur n'y trouve pas vraiment son
compte.
Et vous, vous pensez qu'il faut donner ou qu'il ne vaudrait mieux pas?

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