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La crise économique argentine - Samedi 23 Février - Cyril


Depuis plusieurs mois, nous nous demandions comment nous allions trouver Buenos Aires : à feu et à sang? en ruine? Nous en avions entendu beaucoup parler sur les journaux télévisés français... un peu trop apparemment.
Nous cherchons à en discuter avec les locaux. Il semble que les violences que nous avons vues sur les écrans étaient très localisées: vers la plaza de Mayo (où est la casa Rosada, le palais du Président), aux alentours du Congrès, sur 9 de Julio (une des artères de Buenos Aires) autours de l'obélisque... Il semble surtout que les médias aient exagéré le phénomène. Il est vrai qu'il y a eu des affrontements, mais la plupart du temps entre casseurs et policiers, la population "normale" pouvant facilement se mettre à l'abri... et même continuer à aller travailler. Les magasins dévalisés ont aussi été très rares... je pense que les caméras sont simplement allées filmer le peu qu'il y avait à filmer.

Par contre, il est vrai que la crise est bien là : plus de travail, tout marche au ralenti... Pour la vie des gens, ce n'est pas facile. Le gouvernement à mis en place ce que l'on appelle le "Corralito": les banques limitent les retraits à toute personne jusqu'à un montant de 300 $US par semaine. Pour nous, ce n'est pas un problème, ces retraits sont largement suffisants. Par contre pour qui a une famille, ce n'est pas pareil. De plus, avec un taux de change de deux pesos argentins pour un dollars, avec les prix peu changés dans les magasins, c'est comme si nous avions tout à 50%.
Nous avons vu une manifestation pacifique près du Congrès, elle a lieu tous les soirs. Nous sommes partis quand même, au cas où... il ne fait pas bon avoir une dégaine de touristes dans ces endroits-là...

"Patacones"? Vous avez dit "Patacones"? - Samedi 23 Février - Cyril

Hier, nous avons reçu d'un des commerçants (nous nous en sommes rendus compte plus tard, nous aurions pu refuser) une "lettre du trésor" de la Province de Buenos Aires d'une valeur de 20 Pesos.
Les "Patacones", car c'est leurs noms, ont été créés par la Province pour payer les fonctionnaires, pour faute de réserve suffisante dans ses caisses.

Pouvez-vous croire qu'il existerait ainsi 16 monnaies parallèles au Peso. L'aspect est exactement celui d'un billet de la même valeur, c'est pour cela que nous l'avons pris sans faire attention. Ce n'est pas un problème, il est utilisable partout. L'unique limite est qu'il n'est pas échangeable en dollars. Nous devrons nous en débarrasser rapidement.

Discussions avec un homme désillusionné...
- Samedi 23 Février - Cyril


Alors que nous parlions avec un vieil homme de 75 ans à "La Boca" (un quartier de Buenos Aires connu pour le "Caminito"), il nous disait ses sentiments :

"Moi, je suis Argentin, mais aujourd'hui je ne suis plus fier de l'être. Le peuple est travailleur, la terre est riche, mais le gouvernement est pourri. L'Argentine se fait appeler une démocratie, mais elle n'en est pas une: connaissez-vous beaucoup de démocraties dans lesquelles les banques retiennent 40 ans de salaires? En ne vous autorisant que de n'en dépenser une infime partie par mois? Du temps de Peron, le pays était la cinquième nation la plus riche du monde, maintenant nous sommes bons derniers."
" Il y a encore 20 ans, les entreprises étrangères investissaient dans notre pays! Après ces moments d'instabilité économique et surtout politique, je pense qu'elles fuient pour ne plus revenir! Connaissez-vous beaucoup de pays où certains avocats doivent conduire des taxis par manque de travail ? Moi je suis vieux, mais c'est surtout pour les jeunes de 15-20 ans que je suis désolé : ils seront obligés de partir à l'étranger !".

C'est en discutant avec les gens du pays qu'on se rend vraiment compte du sentiment qu'ils peuvent avoir.

Visites de Buenos Aires - Dimanche 24 Février – Nico


Buenos Aires, aussi grande soit-elle, a quelques quartiers très typiques qu'il faut absolument visiter si vous êtes de passage dans le coin. Outre son centre, sa Plaza de Mayo et sa très fameuse Avenida 9 de Julio, qui soit dit en passant est la plus large du monde, j'ai été particulièrement séduit par le quartier de « la Boca » et le quartier « San Telmo ».

A la Boca, les maisons sont de toutes les couleurs, c'est le coin des artistes. C'est là que les grands peintres Argentins (dont j'ai oublié les noms, vous m'en excuserez) ont brillé. Aujourd'hui, la rue principale de la Boca est pleine d'artistes qui exposent leurs oeuvres. Nous avons passé plusieurs heures à discuter avec certains d'entre eux. Beaucoup nous racontent la crise en Argentine, d'autres nous posent des questions sur notre voyage, mais à chaque fois nos interlocuteurs sont des Argentins et c'est toujours un plaisir de parler avec les gens comme eux.

A San Telmo, on nous avait prévenu d'y aller le dimanche matin. Le quartier alors très animé, nous a encore permis de rencontrer du monde. Un vendeur de gramophone m'a longuement expliqué le fonctionnement de son appareil... Un peu plus loin, nous avons pu admirer un couple danser le Tango dans la rue. Ce spectacle est parait-il bien typique du quartier, et en effet il vaut le coût. Alors que bien peu de personnes le dansent encore en France, le tango est encore très populaire en Argentine, et voir ainsi un couple danser avec une telle dextérité est impressionnant.
Notre séjour à Buenos Aires n'est pas encore fini, il nous reste encore bien des quartiers à visiter et bien des gens à rencontrer.



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