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Le Carnaval de Montevideo - Vendredi 14 Février 2002 - Nico


Comme dirait Cyril, "la chance du voyageur est avec nous" !!! Le jour où nous arrivons à Montevideo, c'est le carnaval. Nous profitons donc de notre visite diurne de la capitale uruguayenne pour nous renseigner sur le lieu et l'heure des manifestations.

Ainsi nous voilà au beau milieu de la foule à 20 heures pour admirer le défilé. Chaque quartier de la ville va s'exhiber devant nous en dansant au son des candombés (sorte de grands jumbés typique du Rio de la Plata). A chaque fois nous pourrons donc admirer la danse des drapeaux, puis les différentes chorégraphies en costume. L'ambiance est vraiment à la fête. Alors que les filles dansent presque nues, des acrobates jouent avec des bâtons colorés, pendant que les plus agés, munis d'une fausse barbe et d'une canne pour l'occasion dansent sous les aplaudissement des spectateurs. Avec nos voisins, nous partageons le maté (voir article de Cyril qui suit) et nous encourrageons avec eux leurs amis et parents qui défilent. Nous ne verrons pas passer les cinq heures de spectacle.

Le Maté : partout et à tout moment... - Vendredi 14 Février 2002 - Cyril


Connaissez vous le Maté ?

Certainement si vous avez eu l'occasion d'aller dans le sud du Brésil, en Uruguay, en Argentine ou au Paraguay. Ils le boivent froid au Paraguay, chaud dans les autres pays. Ils l'appellent "Chimarrão" au Brésil, "Maté" dans les autres pays. Le récipient principal semble de bois, c'est en fait une espèce de fruit coupé en 2, creusé et séché. Il a la taille d'une orange, et peut être coupé net sur le dessus ou évasé. La "Yerba Maté" (l'herbe Maté) remplit tout le récipient, elle est de couleur verte et a une odeur très caractéristique. C'est une plante séchée et taillée en petits morceaux. Au Brésil et en Argentine, c'est presque une poudre et elle est mélangée avec des petits morceaux de bois qui sont la tige de la plante. En Uruguay, la taille est plus grossière et les morceaux de tige sont absents. Avant de servir l'eau chaude (surtout pas d'eau bouillante, au risque de "quemar", "brûler" le maté), il faut y mettre la paille typique appellée "bombilla". Cette paille est souvent courbée et possède un filtre rond au boût, empêchant les morceaux (ou la poudre) de maté d'y pénétrer.

Pour faire comme les locaux, il faut tenir le maté dans une main, et soutenir sous le même bras le thermos avec l'eau chaude, comme on porterait notre bonne vieille "baguette" française. Bien sûr, il est possible d'acheter de l'eau chaude dans presque toutes les boutiques de boissons... Le Maté est présent sur toutes les photos de Gauchos, les cowboys d'Amérique du sud, des grandes plaines d'Uruguay ou de la Pampa argentine.
De nos jours, il est bu à toutes heures de la journée, dans tous les endroits possibles et imaginables: dans le parc, dans les voitures, sur leur moto ou mobylette... Pour comparer, l'usage du Maté (fréquence et lieu d'utilisation) est équivalent à celui ... du téléphone portable en Europe: n'importe quand et partout !

Colonia - Dimanche 16 Février 2002 - Nico


Colonia, est à deux heures de route de Montevideo et pourtant, on change complètement d'ambiance. Nous découvrons cette petite ville coloniale très pittoresque avec ses rues pavées, son fort, et ses fleurs et ses petites boutiques très typiques. Nous avons décidé de rester trois jours ici afin de profiter de ce cadre sympathique pour nous reposer et discuter avec les gens du pays. Nous avons même acheté chez un bouquiniste, des romans en espagnol pour nous refamiliariser avec la langue...

Colonia est aussi un lieu de vacances pour les Argentins qui n'ont qu'à traverser le Rio de la Plata (gigantesque estuaire des fleuves Paraguay et Paranà) pour profiter des plages de sable sous les cocotiers. Ces plages pourtant, ne sont en rien comparables avec les paradis bleus de l'Ihla do mel ou encore de Florianopolis au Brésil car les alluvions des fleuves donnent une couleur marron au Rio de la Plata... Quoi qu'il en soit nous en avons bien profité, à voir le coup de soleil intégral que j'ai réussi à attraper même après un mois au Brésil. Et moi qui me croyait suffisamment bronzé pour ne plus mettre de crème ! Je le payerai en portant mon sac à dos sur mes épaules écarlates...

Une excursion de nuit jusqu'à la "Plaza de Toros"
- Lundi 18 Février - Cyril


J'étais déjà venu à Colonia, il y a trois ans et demi, à la même époque. Je me souvenais avoir eu plaisir à visiter la "Plaza de Toros" de nuit, je voulais revivre la même expérience avec Nico. Cette Plaza, construite à l'époque coloniale par les portugais ou les espagnols, n'est plus en activité depuis des dizaines d'années. Je me souvenais qu'il fallait faire attention car les tribunes en béton délabré s'éboulent par endroit. C'est toujours le cas, aucun travail de rénovation n'a été fait.

Pour y arriver, nous avons marché le long de la côte, environ 5 kilomètres à partir du centre historique de "Colonia de Sacramento". En 3/4 d'heure nous sommes arrivés. Très belle de l'extérieur, il nous reste le meilleur: rentrer. Pour cela, il nous faut sauter au-dessus du grillage. Quelle idée de mettre un grillage ? De nuit, c'est plus dur à passer !

En 3 minutes, nous sommes déjà au centre de la place, trop heureux de nous trouver dans ce lieu insolite. On s'allonge, on regarde les étoiles. Nico, expert des étoiles.... de l'hémisphère nord... ne reconnaît rien ! Pour l'aider, je lui montre... la lune. Y'a pas idée d'être expert.. de la moitié du ciel! Bref, on regarde en silence. En silence... au début. Car après, Nico chante pour mon grand plaisir de vieux chants scouts... Je l'accompagne. Le théâtre fait résonner nos chants avec une super acoustique. Ce moment est "mythique", inoubliable.

Au revoir Uruguay - Mardi 19 Février 2002 - Nico


Nous prenons le Buquebus pendant deux heures trois quarts pour Buenos Aires. Nous avons en effet choisi la traversée la plus longue, mais la plus économique. Cyril est fatigué, il s'endort rapidement sur la moquette, son sac à dos comme oreiller. Pour ma part, je vais sur le pont regarder s'éloigner la côte uruguayenne. Ca fait toujours bizarre de quitter un pays, j'ai l'impression de ne pas en avoir profité assez, mais c'est le voyage... bientôt nous apercevrons les premières lumières de Buenos Aires à l'horizon.

L'aventure continue, tout va s'accélérer maintenant. Dans dix jours, nous quitterons déjà l'Argentine pour le Chili. La magie du voyage veut que nous goûtions à tout, mais j'ai le sentiment de n'être jamais rassasié. Partout où il passe, Cyril dit qu'il reviendra ; c'est la même envie de prolonger le bonheur de nos découvertes que nous partageons vraiment.
Le bateau est maintenant en plein milieu du Rio de la Plata, c'est le moment de lancer ma bouteille à la mer. J'ai en effet préparé un petit message en anglais et en espagnol dans lequel je donne mon adresse à Versailles et promets d'envoyer une carte postale de France à celui qui me répond. J'espère maintenant que les courants favorables porteront cette bouteille le plus loin possible vers l'Atlantique...

Dans une heure maintenant, nous serons à Buenos Aires, les gratte-ciel de cette capitale de 12 millions d'habitants sont dorénavant bien visibles depuis le pont du bateau. Cyril va se réveiller, nos amis Caroline et Géry nous attendent au port. Je suis impatient de rencontrer à nouveau des gens, découvrir une culture, un pays !


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